Les Bourses mondiales freinées par la tech, la dette française inquiète

Il y a 2 heures

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Paris) (awp/afp) - Les Bourses mondiales sont en repli mardi, plombées par le retour des craintes sur le financement de l'intelligence artificielle (IA) et les tensions persistantes sur la dette française.

Vers 12H15 GMT, Paris cédait 0,88 %, Francfort 0,80 %, Londres 0,61 %, Milan 1,05 % et Madrid 0,60 %.

À New York, les contrats à terme sur le Dow Jones (-0,10 %), le S&P 500 (-0,26 %) et le Nasdaq (-0,70 %) laissaient présager une ouverture en baisse.

En Asie, Séoul (-3,73 %) et Tokyo (-1,30 %) ont de nouveau subi le plus gros des ventes. Les géants des puces électroniques SK hynix (-4,23 %), Samsung (-2,98 %) et Kioxia (-3,38 %) ont fortement baissé, et SoftBank, géant japonais de l'investissement dans les technologies, a chuté de 6,01 %.

"Les craintes liées aux valorisations élevées et au financement du boom de l'intelligence artificielle continuent de peser sur les marchés", a noté Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.

À Séoul, le spécialiste des centres de données Elice a perdu environ un tiers de sa valeur (-32,04 %) pour son premier jour de cotation. "Ces débuts ratés sont assurément un avertissement pour les prochaines introductions en Bourse liées à l'IA", juge Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

"La baisse des marchés asiatiques rappelle que la stabilisation américaine reste fragile", relèvent les analystes d'Aurel BGC, au lendemain d'un rebond des valeurs technologiques à Wall Street, où le Nasdaq, indice à dominante technologique, a gagné 1,11 %.

Avant l'ouverture à New York, l'opérateur de centres de données CoreWeave reculait de 4,09 %, après avoir plongé de plus de 25 % la semaine précédente en raison des inquiétudes du marché sur son niveau d'endettement.

Les investisseurs attendent les résultats de SpaceX mardi soir, puis de Meta mercredi, pour savoir combien de temps les dépenses colossales dans l'IA pourront se poursuivre.

À Paris, STMicroelectronics perdait 3,33 % et Soitec 6,11 %. A Francfort, Aixtron lâchait 5,65 % et Infineon 3,52 %. A Amsterdam, BE Semiconductor Industries cédait 3,23 %, ASML 3,01 %.

La dette française surveillée

L'écart entre les taux d'emprunt à dix ans de la France et de l'Allemagne a de nouveau dépassé mardi matin le seuil symbolique de 1,5 point de pourcentage, la dette française étant revenue au coeur des préoccupations des marchés après un week-end de violences dans le pays.

Il avait dépassé ce seuil au début du mois après la présentation du projet de budget pour 2027, par le gouvernement de Sébastien Lecornu.

Vers 12H15 GMT, le taux français était à 4,96 % sur dix ans contre 4,93 % à la clôture la veille, et l'Allemagne à 3,40 %, contre 3,45 % la veille.

L'énergie toujours chère

Les cours du pétrole évoluaient à leur plus haut niveau depuis plus de cinq mois, tirés à la hausse par les tensions au Moyen-Orient alors que les rebelles houthis du Yémen visent l'Arabie saoudite par des tirs quasi quotidiens, et que les attaques de navires se multiplient dans le détroit d'Ormuz.

Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,69 % à 111,40 dollars. Son équivalent américain, le WTI, bondissait de 5,57 % à 109,43 dollars.

Ce mouvement plus prononcé que celui du Brent intervient avec une moindre liquidité du marché sur le contrat de novembre du WTI dont c'est le dernier jour de cotation avant le passage à celui de décembre.

"Les attaques répétées des Houthis contre les installations saoudiennes confirment que les risques de perturbation ne se limitent plus au seul détroit d'Ormuz", a souligné John Plassard, de Cité Gestion Private Bank.

Le patron de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, ne voit "aucune perspective crédible que 2027 soit une année de normalisation" des flux pétroliers.

Le gaz naturel européen (contrat TTF néerlandais) prenait 2,20 %, à 89,97 euros.

L'once d'or cédait 0,43 %, à 4.122,72 dollars.

afp/ib