30. jan 2026
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Paris (awp/afp) - L'Europe dans le vert, Wall Street dans le rouge: les Bourses digèrent diversement le nom proposé par Donald Trump pour être le prochain président de la Fed, qui fait grimper le dollar et baisser les cours des métaux précieux, notamment l'argent.
Vers 18h40 (heure suisse), Wall Street évoluait en nette baisse: le Dow Jones perdait 0,94%, le Nasdaq 0,79%, quand l'indice élargi le S&P 500 lâchait 0,64%.
Les Bourses américaines ne se montrent pas surprises par le choix de Donald Trump de lancer Kevin Warsh à l'assaut de la présidence de la Réserve fédérale américaine: il était déjà donné favori par les médias américains.
"C'est une évolution, pas une révolution", souligne Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING. Pour l'économiste, il s'agit "d'un profil rassurant", "conscient qu'on ne peut pas faire n'importe quoi avec les taux directeurs".
Ces derniers mois, le président américain n'a cessé de vilipender l'actuel président de la Fed Jerome Powell, jugeant que ce dernier ne baissait pas assez vite les taux directeurs, ce qui a laissé craindre aux investisseurs une perte d'indépendance de l'institution lorsqu'il quitterait ses fonctions. Le mandat M. Powell arrive à échéance en mai.
Pour être effective, la nomination de M. Warsh devra être confirmée par le Sénat, à majorité républicaine.
"Sa position d'ancien gouverneur de la Fed, son expérience dans le privé chez Morgan Stanley mais aussi son expérience politique devraient faciliter la confirmation de son mandat par le Sénat américain", estime Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés à IG France.
"Les marchés obligataires sont plutôt rassurés", ajoute l'économiste. Le rendement de l'emprunt américain à deux ans baissait vendredi à 3,54%, contre 3,56% la veille.
Mais la bascule la plus marquée concerne le dollar: le billet vert, délaissé ces derniers jours par les investisseurs, allant même jusqu'à atteindre son plus bas niveau depuis 2021 en début de semaine, prenait 0,71%, à 1,1886 dollar pour un euro.
A l'inverse, les métaux précieux, plébiscités en période de crise et d'incertitude, chutaient après avoir atteint des sommets ces derniers jours. L'once d'or perdait 7,35%, repassant sous les 5000 dollars, à 4.979 dollars. La chute est plus rude pour l'argent, qui a perdu jusqu'à 21% dans la journée de vendredi. Vers 18h00, il perdait 19,03%, à 93,6859 dollar l'once.
En Europe, "des données macroéconomiques plutôt rassurantes", et notamment une croissance plus forte qu'attendu dans plusieurs pays européens, ont permis aux marchés de conclure la séance largement dans le vert.
Paris a gagné 0,68%, Londres 0,51%, tandis que Francfort a pris 0,94%. Milan (+1,00%) et Madrid (+1,66%) ont signé les plus fortes hausses. A Zurich, le SMI a bouclé sur un gain de 0,31%.
Une année "géopolitique" sur les marchés
Vendredi vient également conclure le premier mois de 2026, marqué par une actualité géopolitique très chargée, entre velléités trumpiennes sur le Groenland, intervention américaine au Venezuela et manifestations réprimées dans le sang en Iran, dont le régime fait face à la pression des États-Unis.
"La géopolitique va diriger l'année", estime Charlotte de Montpellier, qui observe une grande porosité entre l'actualité internationale et les mouvements sur les marchés.
Si bien, selon la même économistes, que les bonnes nouvelles macroéconomiques - une croissance résiliente en Europe et des nouvelles moins mauvaises que prévu sur le marché de l'emploi aux États-Unis - sont susceptibles, "à tout moment" d'être "chamboulées par la géopolitique".
Depuis le début de l'année, cette situation internationale instable a fait la part belle aux valeurs de la défense, à l'instar de Thyssenkrupp (+21,19%), Lockheed (+30,08%), ou encore Thales (+11,40%).
Le pétrole en légère hausse
Les cours du pétrole étaient en légère hausse, compte tenu des risques d'une montée des tensions entre les États-Unis et l'Iran, qui avaient fortement poussé les cours jeudi.
Vers 18h40, le Brent de la mer du Nord prenait 0,14% à 70,81 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, cédait 0,28% à 65,60 dollars le baril.
afp/rr