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Paris (awp/afp) - Les Bourses d'Europe ont commencé la séance de vendredi sur des notes contrastées d'espoir, d'attentisme et de nervosité, nourries par les incertitudes en provenance du Moyen-Orient et les résultats des entreprises.
Dans la foulée de Wall Street qui bat des records, les Européens voudraient rester optimistes à la veille du week-end. "Trump affirme que les concessions de l'Iran ouvrent la voie à un accord", lisent vendredi matin les traders sur l'écran Bloomberg qui alimente leur prise de décision.
Donald Trump a déclaré jeudi que l'Iran avait accepté de céder son uranium enrichi, l'une des exigences des Etats-Unis pour parvenir à un accord avec Téhéran.
M. Trump a également espéré que le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah se comporterait "bien" pendant le cessez-le-feu avec Israël.
L'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve entrée en vigueur à minuit dans le pays, le Hezbollah annonçant de son côté avoir attaqué des soldats israéliens en représailles.
Dans ces conditions, le CAC 40 à Paris progressait légèrement (+0,32%) peu après 10h.
L'indice parisien de référence était à l'abri du décrochage qui frappe le constructeur ferroviaire Alstom, coté sur l'indice élargi SBF 120, en chute de près de 30%, après l'annonce jeudi de retards de livraison).
En Allemagne, le DAX avançait doucement (+0,43%).
"Les investisseurs à Francfort deviennent de nouveau un peu plus nerveux à l'approche du week-end. La situation au Proche-Orient demeure fragile. Même si certaines avancées diplomatiques se dessinent, nous sommes encore très loin de la paix", résume le grand spécialiste de la place, Andreas Lipkow, analyse pour CMC Markets.
"En Asie déjà, après les gains des cours au fil de la semaine, on a assisté aujourd'hui à des prises de bénéfices", ajoute-t-il. A Tokyo, le Nikkei a reculé (-1,75%) tout comme le Kospi à Séoul (-0,55%).
A l'inverse des Bourses de l'Europe continentale, Londres ouvrait en léger repli (-0,12%). Vers 11h, le SMI prenait 0,47%.
En plus des incertitudes géopolitiques, le marché britannique peut rebondir sur de bonnes nouvelles locales, énumère l'analyste Derren Nathan pour Hargreaves Lansdown: "croissance économique britannique meilleure que prévu (...), regain persistant d'appétit pour les valeurs technologiques, bons résultats dans l'industrie (Halma) comme dans la distribution (Tesco)".
"Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran soutient légèrement les marchés, mais le nouveau blocus américain des ports iraniens signifie que le choc pétrolier et maritime n'est pas résolu", résume Stephen Dover, directeur du Franklin Templeton.
"Nous considérons le récent mouvement de marché comme un rebond de soulagement tactique, et non comme une normalisation durable", ajoute-t-il.
Pétrole à la baisse
Grand juge de paix des marché en temps de conflit au Moyen-Orient, le pétrole repartait à la baisse vendredi matin (-0,88% à 98,52 dollars le baril pour le Brent, -1% à 93,74 dollars pour son équivalent américain du WTI).
"Les cours du pétrole ont progressé jeudi, le Brent gagnant 3,9% en fin de séance pour s'échanger autour de 98,6 dollars le baril, sur fond d'actualités mitigées mais globalement tendues concernant l'Iran", résument les analystes du français Natixis.
Les taux restent sur le qui-vive
Capteurs des risques d'inflation liés au prix du pétrole, les taux d'intérêts qui affectent la dette des Etats sur le marché obligataire restent élevés.
Référence en Europe, le rendement du "Bund" allemand sur dix ans navigue toujours au-dessus des 3% (+3,02%). Son équivalent français s'affiche à 3,67%, pratiquement inchangé par rapport à la veille.
"Les taux longs se sont légèrement tendus lors de la séance d'hier (ndlr: jeudi), sous l'effet d'un fort appétit pour le risque et de la hausse des marchés d'actions américains. La progression des prix du pétrole a également ravivé certaines anticipations inflationnistes", résume le gestionnaire de fonds Aurel.
afp/fr