14. Jul 2026
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Paris (awp/afp) - Le recul de l'inflation aux Etats-Unis en juin a soutenu mardi le moral des Bourses mondiales malgré la persistance des tensions au Moyen-Orient et la hausse du pétrole.
Vers 18h00, deux des trois indices de Wall Street progressaient (S&P 500 +0,20% et Nasdaq +0,68%) contrairement à l'indice Dow Jones (-0,11%). Le Dow Jones était tiré par le bas par la chute du titre du fabricant informatique IBM (-26,10% à 214,57 dollars), qui a prévenu que ses résultats du deuxième trimestre seraient décevants. Il s'agit du plus fort recul en Bourse d'IBM en 58 ans, d'après un calcul de l'agence d'informations financières Bloomberg.
"Nous avons failli à notre tâche. Nous ne nous sommes pas adaptés et n'avons pas agi assez rapidement", a déclaré dans un communiqué adressé aux investisseurs Arvind Krishna, le patron du groupe. "Au cours des dernières semaines de juin, nous avons constaté que nos clients réorientaient leurs dépenses d'investissement trimestrielles vers l'achat de serveurs, de solutions de stockage et de mémoire (...)", a-t-il ajouté. IBM est peu présent sur ce marché.
Cas d'IBM mis à part, les investisseurs ont été rassurés par l'annonce avant la séance d'un ralentissement plus important qu'espéré de l'inflation en juin à 3,5% sur un an, contre 4,2% en mai. Ce reflux éloigne le risque d'une hausse imminente des taux par la Fed, ce qui est bon signe pour la Bourse (une hausse des taux draine les investissements vers les obligations plutôt que vers les actions).
Le président de la Fed, Kevin Warsh, continue cependant de tenir un discours prudent: "si nous menons la politique adéquate - et nous le ferons - la flambée d'inflation des cinq dernières années appartiendra au passé", a-t-il prévenu devant une commission de la Chambre des représentants, selon son discours communiqué à l'avance à la presse.
"La dernière recrudescence des tensions au Moyen-Orient et la hausse de 10% du prix du pétrole en juillet maintiendront les risques d'inflation à l'horizon", souligne aussi Kathleen Brooks, directrice de recherche pour la plateforme XTB.
Par ailleurs, la saison des résultats a commencé sur les chapeaux de roue avec les bonnes performances des banques (Citigroup, Bank of America...), faisant oublier les doutes sur l'intelligence artificielle, le grand moteur des marchés ces derniers mois.
L'Europe se redresse
Après des débuts hésitants, l'Europe a finalement privilégié la prise de risques. Londres (+0,30%) a misé sur la téléphonie (Airtel +3,52%) et les minières (Glencore +3,22%). Francfort a pu terminer dans le vert (+0,13%) tirée par Siemens Energy (+2,83%). Sur fond de Fête nationale et d'activité réduite, Paris (+0,03%) a terminé à l'équilibre. Sur un marché secondaire, le Slip français, symbole des tentatives de réindustrialisation de la France, a pris 2,03% à 15,10 euros pour sa première journée de cotation. La Bourse suisse a en revanche terminé dans le rouge, l'indice phare SMI cédant 0,17%.
Il semble que les bons chiffres d'inflation aient aidé les Européens à oublier la reprise des tensions au Moyen-Orient, la hausse des prix du pétrole et le retour des menaces inflationnistes.
Le Brent à 85 dollars
Les cours du pétrole ont ralenti leur hausse mardi après l'abandon par Donald Trump d'un projet de taxe de 20% sur les navires transitant par le détroit d'Ormuz, au profit d'accords commerciaux, tandis que persiste la menace d'un rétablissement imminent du blocus naval américain visant les ports iraniens.
Vers 18h45, le Brent gagnait 1,87% à 84,82 dollars. Son équivalent nord américain, le WTI, grimpait lui de 1,22% à 79,09 dollars.
Calme sur le marché obligataire
Avec les bons chiffres de l'inflation aux Etats-Unis, le marché obligataire (les taux d'intérêt de la dette des Etats) restait calme. En Europe vers 16h00 GMT, le rendement de la dette allemande à échéance dix ans, référence sur le continent, revenait à 3,11% contre 3,13% plus tôt dans la journée et 3,10% la veille en clôture. Son équivalent français affichait 3,89% après une poussée à 3,91%.
Sur le marché monétaire, le dollar reculait à 1,1425 dollar pour un euro, contre 1,1381 la veille.
afp/vj