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Tokyo (awp/afp) - Le prix du pétrole recule vendredi en Asie, marquant une pause après s'être de nouveau envolé la veille face au blocage du détroit d'Ormuz, tandis que les Bourses de Séoul et Tokyo reprenaient leur souffle après les montagnes russes des derniers jours au gré des inquiétudes géopolitiques.
Le pétrole perd 2%, la nervosité persiste
Vers 00H15 GMT, le cours du baril West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, se repliait de 2,05% à 79,33 dollars. Il avait flambé de 8,51% jeudi.
Les échanges sur le Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, n'avaient pas encore débuté. Le Brent avait grimpé de 4,93% jeudi.
En dépit de ce repli matinal, les marchés devraient rester nerveux. Les frappes se poursuivent et le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la production de pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) dans le monde, reste paralysé.
En conséquence, les cours du brut ont une nouvelle fois connu une très forte progression jeudi, atteignant des niveaux plus vus depuis près de deux ans. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, ils se sont envolés de près de 20%.
L'Iran "n'a pas l'intention" à ce stade de fermer le ce passage stratégique, a certes assuré jeudi son chef de la diplomatie Abbas Araghchi. Mais les intentions de Téhéran sont difficilement lisibles.
En parallèle, les frappes se poursuivent: les Gardiens de la Révolution ont affirmé jeudi qu'un missile iranien avait touché un pétrolier américain dans le Golfe.
Un navire ancré au large du Koweït a été secoué par une "forte explosion" et perd des hydrocarbures après qu'une de ses cuves a été endommagée, a aussi indiqué jeudi l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO.
"Si la panique face à la flambée des prix semble se propager, il est important de relativiser cette évolution : malgré une hausse de près de 20%, le prix du brut n'est actuellement que de 3,40 dollars au-dessus de sa moyenne des quatre dernières années", tempère Tony Sycamore, analyste chez IG Australia.
"Surtout, il reste bien en deçà du seuil des 100 dollars atteint après l'invasion russe de l'Ukraine", même si son maintien autour de 80 dollars pour des mois pourraient alimenter l'inflation, observe-t-il.
L'Asie, très dépendante du pétrole du Moyen-Orient, serait la première touchée par une perturbation durables. Craignant des pénuries, Pékin a déjà demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon l'agence Bloomberg
Autre épineux enjeu à l'horizon: "Si les routes d'exportation sont bloquées ou perturbées et que les producteurs (des pays du Golfe) atteignent la saturation de leurs capacités de stockage, la situation se renverse brutalement: il seront contraints de réduire leur production, ce qui a pour effet de retirer l'offre du marché", prévient Stephen Innes, de SPI Asset Management.
"Dès lors, ce qui était au départ une perturbation des flux se transformera rapidement en une pénurie d'approvisionnement, et c'est précisément à ce moment-là que les prix du pétrole peuvent s'envoler."
Les Bourses de Tokyo et Séoul fléchissent
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei cédait 0,15% à 55'208 points, se stabilisant après avoir rebondi de 1,90% la veille. L'indice élargi Topix perdait 0,33% à 3690 points.
A Séoul, l'indice Kospi abandonnait 0,30% à 5566 points, là aussi reprenant son souffle après les montagnes russes des jours précédents: il avait flambé de 9,63% jeudi, après un plongeon historique de 12% mercredi.
Les places asiatiques devraient cependant rester sous pression au lendemain d'un repli de Wall Street, dans des marchés toujours suspendus aux développements de la guerre au Moyen-Orient et aux risques de répercussions économiques si elle s'installe dans la durée.
"Les inquiétudes liées à un conflit prolongé au Moyen-Orient exercent une pression à la vente sur les marchés actions, et le marché américain a reculé, mettant sous pression la place tokyoïte", observent les analystes de Monex Securities, notant la chute de certains pans des valeurs tech, comme les fibres optiques.
De plus, les investisseurs pourraient privilégier l'attentisme avant la publication plus tard vendredi du rapport sur l'emploi américain de février, ajoutent-ils.
Sur le marché des changes, la devise japonaise était stable à 157,48 yens pour un dollar. L'or, valeur refuge, consolidait ses gains (+0,17%) à 5091 dollars l'once.
afp/ib