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Washington (awp/afp) - La remontée du pétrole à 100 dollars le baril a plombé mercredi le moral des investisseurs, l'escalade au Moyen-Orient ajoutant encore un peu plus de tension sur le marché obligataire et accentuant les anticipations de resserrements monétaires des principales banques centrales.
Le baril de Brent de la mer du Nord a bondi de 3,4% à 101,21 dollars, une première depuis juillet. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a augmenté à peine moins, de 3,25%, à 96,05 dollars.
"Le marché pétrolier semble considérer que la résolution du conflit est repoussée à plus tard et que la navigation restera restreinte dans le détroit d'Ormuz, ce qui prolongera la perturbation de l'approvisionnement", a expliqué auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste de Lipow Oil Associates.
Téhéran a affirmé avoir attaqué mercredi une dizaine de navires qui tentaient de franchir le détroit, en réponse aux frappes américaines contre des pétroliers iraniens la veille.
"On a le sentiment que les cours du pétrole ne vont pas baisser de sitôt", selon Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
Le seuil des 100 dollars est un "chiffre rond (qui) importe moins que ce qu'il laisse présager: le marché ne se contente pas de refléter les perturbations actuelles, il anticipe également la probabilité de nouvelles perturbations à venir", prévient Mark Malek, du cabinet Siebert Financial.
Cette dynamique a freiné l'appétit pour le risque du côté des indices boursiers.
A Wall Street, le Dow Jones a perdu 0,77%, le Nasdaq a lui reculé de 0,64% alors que l'indice élargi S&P 500 a cédé 0,48%.
En Europe, Paris a chuté de 1,94%, Francfort a lâché 1,66% et Londres a perdu 1,31%. A Zurich, le SMI a fini en recul de 1,80%.
- Les taux restent perchés, Bessent désavoué -
Les taux sont toujours très hauts sur le marché obligataire, portés par les perspectives inflationnistes.
En Europe, le "10 ans" français promettait un rendement de 4,34%, contre 4,23% la veille, et le "Bund" allemand suivait la même tendance à 3,44%, contre 3,36% la veille.
Le rendement des emprunts de l'Etat américain à échéance dix ans, la plus suivie, a lui atteint jusqu'à 4,85%, un seuil plus observé depuis novembre 2023.
Le marché n'a pas accroché à la tentative d'apaisement du gouvernement américain, qui a annoncé une opération de rachats d'obligations à long terme bien plus massive que celles réalisées habituellement.
Selon Patrick O'Hare, analyste pour Briefing.com, "le marché interprète plus ou moins" l'opération menée par le secrétaire au Trésor Scott Bessent "comme un tour de passe-passe" financier qui ne change pas le fond du problème, à savoir les pressions sur les prix et l'endettement massif de l'Etat.
- Les banques centrales dans le viseur -
Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) devrait relever ses taux pour la deuxième fois de l'année, de l'avis général des analystes.
Les marchés attendent également la publication de deux indices d'inflation aux Etats-Unis, qui pourraient leur permettre d'affiner leurs attentes quant à la trajectoire monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Le président de l'institution, Kevin Warsh, a récemment répété qu'il trouvait les prix trop élevés.
"Kevin Warsh est quelqu'un de totalement indépendant. Il ne cédera pas à Trump", a estimé Frédéric Rozier, responsable de gestion de portefeuille chez Mirabaud, joint par l'AFP.
Le président américain n'a pas caché attendre de lui qu'il baisse les taux, y compris dès la réunion de septembre.
Les acteurs du marché attendent aussi plus tard dans le mois la réunion de la banque centrale japonaise. Les attentes, là encore, d'un tour de vis monétaire profitent à la devise nationale, qui s'est envolée de plus de 4,2% en une semaine face au dollar.
Certains analystes n'excluent toutefois pas une intervention de soutien des autorités japonaises et américaines après un précédent fin juillet.
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afp/rp