26. fév 2026
Description
Paris (awp/afp) - Casino (Monoprix, Franprix, CDiscount...), dont les ventes ont été quasiment stables en 2025 à périmètre comparable, "poursuit son redressement", a assuré jeudi le distributeur contrôlé par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, en plein bras de fer sur une nouvelle restructuration de sa dette.
Le groupe a annoncé la semaine dernière qu'il repoussait jusqu'au 31 mars au plus tard la publication de ses résultats annuels, en raison de "la poursuite des négociations" concernant sa "structure financière".
Il a toutefois maintenu ce jeudi la publication de son chiffre d'affaires 2025, qui s'est élevé à 8,26 milliards d'euros, en baisse de 2,5% sur un an, mais en légère hausse de 0,5% à périmètre comparable, un millier de magasins ayant été fermés ou vendus l'an dernier.
Recentré sur la proximité, "le groupe Casino poursuit son redressement", a assuré son directeur général, Philippe Palazzi, lors d'une conférence de presse téléphonique. Et ce, malgré un "environnement de consommation encore contrasté", surtout en fin d'année, les clients s'étant montrés "prudents" sur les produits festifs, a-t-il ajouté.
Au quatrième trimestre, les ventes de la locomotive Monoprix ont notamment reculé de 0,5% à périmètre comparable, alors qu'elles ont progressé de 0,6% sur l'ensemble de l'année.
Celles de Franprix ont elles reculé en 2025 de 0,4%, pénalisées notamment par l'arrêt des courses en ligne depuis le site Franprix.fr, au profit notamment d'un partenariat avec Amazon et Deliveroo, a expliqué M. Palazzi.
Outre le déploiement de nouveaux concepts et la rénovation de 100% de ses Monoprix, le groupe aux quelque 6.500 magasins, dont 85% en franchise et location-gérance, prévoit d'ouvrir 200 nouveaux points de vente Franprix, 20 nouveaux Naturalia et 210 Casino/Vival/Spar d'ici à 2030.
Un plan stratégique qui doit s'appuyer sur l'"adaptation" et le "renforcement" de la "structure financière" du distributeur stéphanois, comme l'a rappelé M. Palazzi.
- "Investisseur institutionnel" -
Casino, passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024, après des années de pertes et de surendettement, doit rembourser 1,4 milliard d'euros en mars 2027, et a engagé fin 2025 des négociations avec ses créanciers (banques et fonds anglo-saxons) pour diminuer ce montant.
En novembre, France Retail Holdings (FRH), détenu majoritairement par M. Kretinsky et actionnaire principal du groupe Casino, avait réclamé de baisser sa dette à 800 millions d'euros, (soit un abandon de 600 millions d'euros de créances) en échange d'une augmentation de capital de 300 millions d'euros.
Dans une nouvelle proposition, révélée par Le Figaro et confirmée à l'AFP par une source proche du dossier, FRH se dit prêt à apporter 400 millions d'euros, pour une dette contenue à 900 millions d'euros (soit un abandon de 500 millions d'euros de créances).
Face à un éventuel risque de vente à la découpe de Casino, l'homme d'affaires aurait également le "soutien" des banques françaises du groupe, selon la même source, du fait de son statut d'"investisseur institutionnel", illustré dernièrement par sa volonté de prendre le contrôle majoritaire de Fnac Darty, autre distributeur français, via une offre publique d'achat (OPA).
Mais les fonds anglo-saxons ne sont pas satisfaits des contreparties proposées par M. Kretinsky, selon une autre source au fait des discussions.
Daniel Kretinsky entend notamment renforcer sa présence au capital, de 53% aujourd'hui, à l'issue de l'opération, quand les créanciers font valoir qu'ils n'ont pas besoin de lui pour apporter de l'argent frais au groupe.
Refusant de commenter les "négociations en cours", Philippe Palazzi a assuré jeudi que les discussions avançaient "normalement" et "conformément" à "l'objectif d'une fin de processus avant la fin du second trimestre 2026".
La dette de Casino avait été allégée de près de 5 milliards d'euros au moment d'une première restructuration, en 2024, qui s'était traduite par le départ du PDG historique, Jean-Charles Naouri, et la vente de la quasi-totalité de ses hyper et supermarchés français.
Fin janvier, le groupe a été condamné à une amende de 40 millions d'euros dont 20 millions avec sursis dans un procès pour corruption impliquant Jean-Charles Naouri. Casino a renoncé à faire appel sur le volet pénal.
afp/rp