La "Lex UBS" pèse sur le cours du titre de la grande banque

23. Avr 2026

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Genève (awp) - Le titre UBS souffrait jeudi à la Bourse suisse de l'annonce la veille du tour de vis réglementaire prévu par le Conseil fédéral à l'encontre de la banque aux trois clés. La "Lex UBS" impliquerait pour le géant zurichois un renforcement des fonds propres de 20 milliards de dollars afin de couvrir l'intégralité des participations dans les filiales étrangères.

Vers 10h, la nominative UBS cédait 2,7% à 32,66 francs, avant-dernière de l'indice de référence SMI qui gonflait de 1,01%.

UBS reste opposée aux propositions du Conseil fédéral, jugeant le paquet "extrême" et "ne tenant pas compte des préoccupations" exprimées lors des consultations. Le numéro un bancaire helvétique a rappelé à maintes reprises que de telles mesures réduiraient son attrait vis-à-vis des investisseurs et amputeraient sa compétitivité à l'international.

Certes, UBS peut espérer un compromis lors de l'examen au Parlement, mais le Conseil fédéral a déjà averti que tout assouplissement du texte ferait l'objet de mesures de rétorsion par le biais d'ordonnances, en agissant au niveau des actifs d'impôts différés, résume l'analyste Andreas Venditti, de Vontobel.

L'effet sur le bénéfice distribuable aux actionnaires semble modéré, affirme la Banque cantonale de Zurich (ZKB) par la plume de son analyste Ausano Cajrati Crivelli. Ce dernier maintient ses prévisions, estimant que le géant de Bahnhofstrasse pourra faire face aux nouvelles exigences. L'annonce des mesures serait même positive, puisqu'elle permet de lever les incertitudes concernant le besoin en fonds propres d'UBS.

Moins d'argent pour les rachats d'actions

Dans son commentaire, la banque américaine Goldman Sachs souligne que les jeux ne sont pas faits, puisque la loi proposée par le gouvernement devra encore passer à la moulinette parlementaire, d'où elle pourrait ressortir modifiée. Les annonces de mercredi s'avèrent "plus favorables que le scénario de base" du modèle actuel de la banque, qui tablait sur une pression nette 11 milliards de dollars à court terme.

A en croire l'équipe d'analystes de Goldman Sachs, UBS devrait conclure 2026 avec un excédent de fonds propres de 6,3 milliard de dollars. La banque aux trois clés a annoncé un rachat d'actions à hauteur de 6 milliard en 2027, ce qui pourrait conduire à une provision de 3 milliards et réduirait l'excédent à 3 milliards, dont au moins 2 milliards nécessaires à la nouvelle réglementation. Cela ne laisserait donc que 1 milliard pour un autre rachat d'actions au second semestre de cette année.

La Banque royale du Canada (RBC) estime également que la mouture présentée par le gouvernement helvétique est plus positive qu'attendu pour UBS, en termes d'impact absolu, de calendrier et au vu de l'absence de modification concernant les fonds propres financés par les emprunts AT1.

Goldman Sachs et Vontobel maintiennent leur recommandation neutre, alors que la ZKB et la RBC reconduisent respectivement "surpondérer" et "outperform".

fr/ck