Guerre au Moyen-Orient: la flambée des prix du gaz emporte les Brouses

2. mar 2026

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Paris (awp/afp) - La guerre au Moyen-Orient a fait flamber les prix du gaz et du pétrole lundi et a poussé le marché de la dette souveraine dans le rouge en raison des craintes de poussées inflationnistes. Les Bourses européennes ont accusé le coup, alors que Wall Street résistait

"Le conflit au Moyen-Orient continue de dominer les marchés", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB. "Les répercussions sont généralisées, mais les conséquences les plus marquées concerne les prix de l'énergie et le marché des obligations souveraines."

Frappes d'Israël au Liban en riposte à des tirs du Hezbollah, salves de missiles iraniens tous azimuts, raffinerie et pétrolier touchés dans le Golfe: le Moyen-Orient s'embrase deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.

Les prix européens du gaz naturel se sont envolés après l'annonce par la compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, de l'arrêt de sa production de GNL à la suite d'une attaque de drones iraniens, "ce qui laisse présager des perturbations, peut-être majeures, des flux énergétiques vers l'Europe", souligne Neil Wilson, analyste à Saxo Markets.

"Le gaz naturel représente une part majeure du mix énergétique européen, et 80 à 90% de l'approvisionnement du continent est importé", rappelle Kathleen Brooks. "Les importations de GNL en provenance du Qatar représentent 10 à 15% des importations totales de gaz de l'Europe, ce qui oblige le continent à rechercher d'autres sources d'approvisionnement à court terme."

Vers 17h45, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, s'envolait de 34,34% à 42,93 euros après avoir flambé de plus de 50% pour atteindre 49,14 euros, un sommet depuis février 2025.

Les prix du brut restaient quant à eux en forte hausse: le baril de Brent de la mer du Nord grimpait de 6,94% à 77,93 dollars, et son équivalent américain, le WTI, de 6,18% à 71,16 dollars.

"Les frappes contre l'Iran menées par les États-Unis et Israël ont ravivé la question la plus déterminante en matière de sécurité énergétique pour l'économie mondiale: la perturbation des flux de pétrole et de gaz du Moyen-Orient transitant par le goulet d'étranglement énergétique le plus important au monde, le détroit d'Ormuz", résume Simone Tagliapietra, analyste au centre de réflexion européen Bruegel.

Ce point névralgique du commerce mondial est désormais évité par les principaux armateurs mondiaux en raison du conflit.

Choc contenu sur les Bourses

Sur les marchés d'actions, les Bourses européennes ont terminé dans le rouge, emportées par la hausse fulgurante du prix du gaz. La Bourse de Paris a dévissé de 2,17%, Francfort de 2,56%, quand Londres a terminé en baisse de 1,20% et Milan de 1,97%. La Bourse suisse a quant à elle terminé sur un tassement de 1,29%.

"La réaction des marchés financiers à l'escalade au Proche-Orient reste globalement plutôt modérée. Au vu de la forte hausse des prix de l'énergie, les pertes boursières auraient pu être nettement plus importantes à l'échelle mondiale", juge Andreas Lipkow pour CMC Market.

Wall Street résistait mieux, le Dow Jones cédant 0,17%, l'indice élargi S&P 500 0,03% et l'indice Nasdaq prenant 0,34% vers 17h50. "Les États-Unis sont mieux protégés" d'un choc de l'énergie "que l'Europe grâce à leur indépendance énergétique", explique notamment Kathleen Brooks. "De plus, une hausse du pétrole profite au premier producteur mondial, les États-Unis."

Le marché de la dette dans le rouge

"La flambée des prix du gaz suggère que le conflit pourrait avoir d'importantes implications macroéconomiques mondiales", note Kathleen Brooks, notamment la "menace de mettre fin à la phase de désinflation en Europe et aux États-Unis, qui avait soutenu les perspectives économiques des deux côtés de l'Atlantique".

En conséquence, le rendement des obligations souveraine flambe lundi. Vers 16H40 GMT, le rendement à dix ans des bons du Trésor américain, l'échéance la plus scrutée, bondissait à 4,05% contre 3,94% à la clôture vendredi, une forte variation pour ce marché.

En Europe, vers 17h50, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans, considéré comme la référence européenne, évoluait à 2,71% contre 2,64% vendredi à la clôture. Son équivalent français s'établissait à 3,29% contre 3,22% vendredi, et l'italien à 3,36% contre 3,27%. Le rendement britannique à 10 ans évoluait quant à lui à 4,37% contre 4,23% vendredi à la clôture.

afp/vj