Guerre au Moyen Orient: bond du pétrole et du gaz, les Bourses reculent

2. mar 2026

Description

Paris (awp/afp) - La guerre au Moyen-Orient fait grimper lundi les hydrocarbures et des valeurs refuges, tandis que les Bourses mondiales cèdent du terrain, sans toutefois paniquer pour le moment.

"Pour un tel événement à portée mondiale et sans précédent, la réaction des marchés financiers reste pour l'instant modérée", estime Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB.

Le principal mouvement de la séance est le bond du prix des hydrocarbures, alors que le détroit d'Ormuz, voie névralgique du commerce mondial, est désormais évité par les principaux armateurs mondiaux en raison du conflit.

Le baril de Brent de la mer du Nord s'envolait vers 12H20 GMT de 8,23% à 78,87 dollars, après avoir à plusieurs reprises dépassé les 80 dollars dans la matinée. Le baril de WTI nord-américain bondissait de 7,97% à 72,36 dollars.

Le dollar, monnaie internationale utilisée pour le marché pétrolier, grimpait: il prenait 0,77% à 1,1721 dollar pour un euro.

Côté gaz, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence sur le Vieux continent, affichait vers 13H20 GMT une forte hausse de 40,16% à 44,79 euros, au plus haut depuis fin mars 2025.

Il a d'autant plus grimpé après l'annonce, par la compagnie d'État qatari QatarEnergy, de suspendre la production de GNL à la suite d'attaques iraniennes sur ses infrastructures.

Les Bourses reculaient nettement, toujours vers 12H20 GMT, mais sans paniquer pour autant. Paris perdait 1,84%, Francfort 2,15%, Londres 1,07% et Milan 1,83%. Madrid perdait 2,43% et Zurich 1,56%.

A New York, les contrats à terme sur les indices américains permettaient d'anticiper un recul d'un peu plus de 1%. En Asie, Tokyo a cédé 1,35%. Hong Kong a perdu 2,14%.

"Nous observons un marché ordonné: les cours reculent, mais il n'est nullement question de panique. Les investisseurs semblent (...) tabler sur un conflit limité dans le temps", note Jochen Stanzl, chez CMC Markets.

Reste que les affrontements militaires des derniers jours ont "ébranlé la confiance des investisseurs du monde entier", commente Patrick Munnelly, analyste de Tickmill.

Signe de cette fébrilité, l'or, actif refuge par excellence, gagnait 2,20% à 5.395,13 dollars l'once. L'argent prenait 1,44% à 95,14 dollars.

Les investisseurs s'inquiètent surtout des "perturbations des chaînes d'approvisionnement", avec "le risque d'une inflation plus élevée", explique Kat Hudson, directrice des stratégies d'investissement chez Hargreaves Lansdown.

Des bombardements massifs ont à nouveau ciblé l'Iran lundi, au troisième jour de l'opération destinée à décapiter la République islamique, conflit qui s'étend désormais au Liban où Israël mène des frappes après des tirs du Hezbollah contre son territoire.

Alors que la guerre a fait ses premières victimes américaines et que Donald Trump a dit envisager une opération de plusieurs semaines, chaque camp affiche sa détermination à poursuivre les hostilités, faisant craindre un embrasement général de la région.

Dans le Golfe, la journée de lundi a une nouvelle fois commencé au son de fortes explosions à Dubaï, Doha et Manama, tandis que l'armée israélienne a annoncé tôt dans la matinée mener "des frappes à grande échelle" sur Téhéran.

Les majors bondissent

Les majors pétrolières bondissent partout en Europe, bénéficiant de la hausse des prix des hydrocarbures.

Vers 12H10 GMT, TotalEnergies prenait 3,15% à la Bourse de Paris. Ailleurs en Europe, Eni avançait de 2,64% à Milan, Shell de 2,29% et BP de 2,16% à Londres. Repsol gagnait 4,71% à Madrid. Equinor s'envolait de 6,85% à Oslo.

L'aérien et le tourisme souffrent

En revanche, les titres des entreprises du secteur aérien et du tourisme chutent sur les Bourses européennes, alors que de nombreux vols ont été annulés et les routes aériennes fermées.

AirFrance-KLM dévissait de 8,05% à Paris, Lufthansa reculait de 5,41% à Francfort et Easyjet de 3,00% à Londres.

Pour le secteur touristique, Accor plongeait de 8,65% à Paris et TUI de 8,39% à Francfort.

La défense profite du conflit

Les titres liées à l'industrie de la défense profitaient en revanche de l'escalade militaire.

A Paris, Thales prenait 1,69% et Dassault Aviation 1,12%. A Londres, BAE Systems grimpait de 4,69%. A Milan, Leonardo progressait de 3,56%, et à Francfort, Rheinmetall de 1,17%.

afp/al