5. fév 2026
Description
Londres (awp/afp) - Le géant minier zougois Glencore et son concurrent anglo-australien Rio Tinto ont annoncé jeudi la fin des discussions sur leur projet de fusion, qui aurait donné naissance à la plus grande entreprise du secteur, un an après l'échec de précédents pourparlers.
"Rio Tinto ne considère plus une éventuelle fusion ou autre opération de rapprochement", écrit le groupe dans un communiqué, une annonce dont Glencore a dit "prendre note" dans un message séparé.
"Les parties n'ont pas réussi à s'entendre sur les modalités d'un regroupement", ajoute la firme zougoise. Les principales conditions de l'offre potentielle prévoyaient que Rio Tinto conserve les fonctions de président et de directeur général. La participation de Glencore dans la société fusionnée "sous-évaluait considérablement sa contribution relative sous-jacente", peut-on encore lire.
Courtisé pour son cuivre
"Nous avons conclu que l'acquisition proposée selon ces conditions n'était pas dans le meilleur intérêt des actionnaires", ne valorisant pas suffisamment l'activité cuivre, notamment.
Après cette annonce, le titre Glencore a dévissé de plus de 10% pour finalement clôturer sur un repli de 7%. Rio Tinto a décroché de 2,6%.
Glencore, basé en Suisse mais coté à Londres, est actif dans plusieurs métaux stratégiques, en particulier le cuivre, le nickel, le cobalt ou encore le charbon. C'est aussi un poids-lourd du négoce de matières premières.
Rio Tinto, également actif dans le fer, le cuivre, l'aluminium ou encore lithium, était particulièrement intéressé par les riches ressources en métal rouge exploitées par son concurrent, au moment où son prix bat record sur record.
En combinant leurs forces, les deux entreprises auraient renforcé leur capacité à acquérir des ressources en cuivre, dont la demande explose avec la montée des dépenses de défense, le développement des énergies renouvelables et la croissance des centres de données liés à l'IA.
Le directeur général de Glencore, Gary Nagle, avait d'ailleurs présenté en décembre des plans visant à faire du groupe l'un des plus grands producteurs de cuivre au monde.
De précédentes discussions pour un rapprochement avaient échoué il y a un an en raison de divergences entre les deux géants. La reprise de pourparlers a été rendue publique début janvier. Rio Tinto avait jusqu'au 5 février pour proposer une offre d'acquisition.
Un rapprochement Glencore/Rio Tinto, sous forme éventuelle d'une fusion entièrement en actions, aurait fait émerger une compagnie valorisée à 260 milliards de dollars (201,8 milliards de francs).
"Fossé"
"Les déclarations des deux sociétés ont laissé entrevoir le fossé qui les sépare", souligne Danni Hewson, analyste chez AJ Bell.
"On pensait que le nouveau directeur général de Rio Tinto (Simon Trott) pourrait combler les différences culturelles entre les deux sociétés et réussir à mener à bien cette méga-fusion. Mais avec des enjeux aussi importants et des actionnaires à apaiser, il semble qu'au final, le chiffre magique n'ait pas pu être trouvé, du moins pas pour l'instant", ajoute-t-elle.
En novembre, le géant australien BHP a renoncé à son projet de rachat du britannique Anglo American, qui aurait créé le numéro un du cuivre.
Mais Anglo American est, lui, en passe d'obtenir le feu vert de l'UE pour fusionner avec le Canadien Teck Resources, une opération qui mettrait la pression sur les autres acteurs du secteur.
afp/cw/rr