29. Jan 2026
Description
Vernier (awp) - Givaudan a encore progressé l'an dernier, mais à un rythme nettement moins soutenu qu'en 2024, année record. Le géant verniolan des parfums et arômes a toutefois nettement dépassé les objectifs qu'il s'était fixés pour les cinq années écoulées et prévoit de gratifier ses actionnaires d'un dividende relevé.
"L'année 2025 a été bonne, nous avons retrouvé des valeurs dans la norme après une année 2024 exceptionnelle", a souligné son directeur général (CEO) Gilles Andrier, lors d'un entretien accordé jeudi à AWP en marge de la publication des résultats annuels.
Au cours de la période sous revue, le chiffre d'affaires s'est élevé à 7,47 milliards de francs, soit une augmentation de 0,8% sur un an. Sur une base comparable - hors effets de change, d'acquisitions et de cessions -, la croissance est de 5,1%, contre 12,3% en 2024.
Pour ce qui est de la rentabilité, l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) s'est inscrit à 1,75 milliard de francs et la marge correspondante à 23,4%, contre 1,77 milliard, respectivement 23,8% précédemment. Le résultat net atteint à 1,07 milliard de francs, après 1,09 milliard.
Ces chiffres correspondent peu ou prou aux attentes des analystes interrogés par AWP. Le consensus anticipait des recettes de 7,47 milliards de francs et une croissance organique de 5,2%. L'Ebitda était estimé à 1,78 milliard, la marge à 23,8% et le bénéfice net à 1,05 milliard.
La croissance est largement emmenée par le segment parfums et beauté (+4,6% et +7,9% en termes organiques à 3,83 milliards), en particulier par la parfumerie de luxe (+18,3%), même si la marge s'est quelque peu étiolée en raison d'effets de change.
La division goût et bien-être a quant à elle ralenti (-2,9% et +2,4% en termes organiques à 3,64 milliards). Les arômes, en particulier, souffrent d'une tendance des multinationales de l'agroalimentaire à vouloir les limiter. "Mais la part de ces géants dans notre clientèle est de 40%, tandis que les 60% restants sont des petites et moyennes marques. C'est ce qui fait notre force et notre solidité", a relevé Gilles Andrier.
Nouveaux relais de croissance
Toutes les régions ont contribué la croissance, à commencer par la zone Europe, Afrique et Moyen Orient (+7,0% sur une base comparable). En Amérique du Nord, les recettes ont progressé de 2,6% sur une base comparable, après 5,9%, "ce qui est bon pour une région mature", illustre le CEO. Et si la zone Amérique latine habituellement à forte croissance a marqué le pas à 3,6%, "c'est en raison d'une base de comparaison exceptionnellement élevée à plus de 26% en 2024". Mais d'autres régions prennent le relais, notamment l'Inde, le Moyen Orient, ou encore l'Afrique, ajoute-t-il. "C'est cette vaste répartition géographique qui fait notre solidité."
Le flux de trésorerie disponible s'élevait à 1,05 milliard. La dette nette a été ramenée à 3,68 milliards à la fin de l'année, contre 4 milliards précédemment.
Objectifs maintenus
Avec une croissance moyenne de 6,8% entre 2021 et 2025, le groupe a largement dépassé les objectifs qu'il s'était fixés pour les cinq années écoulées, compris dans une fourchette entre 4 et 5%. Et avec un flux de trésorerie libre moyen de 12,5% pour la période, le groupe a également atteint son objectif d'au moins 12%. pour le nouveau cycle de cinq ans qui s'amorce en 2026 sous la houlette du nouveau directeur général, Christian Stammkoetter, dont l'entrée en fonction est prévue début mars et d'ici à 2030, la multinationale vise toujours une croissance de 4 à 6% sur une base comparable et un flux de trésorerie disponible moyen de plus de 12%.
A court terme, le groupe ne formule pas de prévisions, évoquant seulement un environnement de marché incertain et une détente sur le front des coûts.
Dans ce contexte, le conseil d'administration proposera à l'assemblée générale un dividende de 72,00 francs par action pour l'exercice 2025, ce qui représente une augmentation de 2,9%.
Jeudi, l'action Givaudan a clôturé en perte de 6,7% à 2926 francs, dans un SMI en hausse de 0,95%.
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