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Zurich (awp) - A la faveur de l'intégration de Barmag, Rieter a enregistré une vigoureuse croissance de ventes et commandes après neuf mois en 2026. En dépit de cette solide expansion, le fabricant zurichois de machines textiles, qui évolue dans des marchés difficiles, ravale ses ambitions pour l'ensemble de l'année, avec à la clef une potentielle perte au niveau du résultat opérationnel.
Entre janvier et fin septembre, Rieter a vu les entrées de commandes bondir de 70% sur un an à 951,4 millions de francs, précise mercredi l'entreprise établie à Winterthour. A l'issue de la période sous revue, le carnet de commandes se montait à 850 millions, contre 590 millions douze mois auparavant.
Toujours sur neuf mois, les revenus ont eux quasiment doublé (+96,3%) à 898,6 millions de francs. La vive poussée de croissance a reposé sur l'intégration à compter de février de Barmag, unité spécialisée dans les machines textiles pour les fibres synthétiques reprise à Oerlikon, laquelle a contribué à hauteur de 469,1 millions aux commandes et de 462,3 millions aux revenus.
Le tableau apparaît cependant sous un jour moins glorieux en termes organiques. En excluant ce changement majeur intervenu au niveau du périmètre de consolidation, les ordres ont fléchi de 10,5%, dont une chute de 16,5% dans les équipements pour les fibres naturelles. Les revenus ont eux aussi subi un tassement de 2,1%.
La performance d'ensemble s'est toutefois révélée supérieure aux attentes des analystes. Sondés par l'agence AWP, ces derniers tablaient en moyenne sur un chiffre d'affaires de 867 millions de francs et des commandes de 891 millions.
Marges durablement sous pression
Evoquant ses perspectives, Rieter se veut désormais nettement moins optimiste pour l'ensemble de l'année, la faute à une reprise plus lente que prévu sur les marchés d'Europe, d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Amériques, ainsi qu'à des marges durablement sous pression. Le chiffre d'affaires devrait désormais se situer dans la partie basse de la fourchette annoncée de 1,3 à 1,5 milliard de francs. Quant à la marge opérationnelle Ebit, celle-ci devrait s'établir entre -2 et 0%, contre un objectif initial de 0 à 3%.
Face à une conjoncture difficile, Rieter poursuit sa restructuration et rationalise son empreinte géographique en matière de production. Le groupe zurichois entend ainsi relocaliser une partie de la fabrication de bobineuses de l'Allemagne vers la Chine. Dans la fabrication de composants, les fermetures de sites en Europe vont se poursuivre, tout comme la réorientation des unités allemandes de la division Fibres synthétiques de Remscheid et Neumünster.
Contactée par l'agence AWP, une porte-parole de Rieter a précisé que l'adaptation des capacités concerne en premier lieu les employés temporaires, les discussions avec les représentants des salariés ayant débuté. Celle-ci n'était pas en mesure de quantifier la coupe, ni l'ampleur des charges qui seront passées à cet effet.
vj/al