20. fév 2026
Description
Zurich (awp) - La Bourse suisse semblait rester de marbre vendredi après-midi, après la décision de la Cour suprême américaine. Cette dernière a jugé que le président américain Donald Trump avait dépassé les pouvoirs prévus par la Constitution en imposant des droits de douane sur la quasi-totalité des produits entrants aux Etats-Unis.
Selon la décision rendue vendredi à une majorité de six juges contre trois, le président américain ne pouvait pas justifier ces droits de douane par la nécessité d'urgence économique. Cette décision concerne les droits de douane présentés comme "réciproques" par Donald Trump, mais pas ceux appliqués à des secteurs d'activités particuliers, comme l'automobile ou l'acier et l'aluminium.
A la Bourse suisse, le SMI a brièvement accéléré après cette annonce avant de normaliser son cours. Vers 16h45, l'indice vedette SMI prenait 0,15% à 13'816,66 points.
"Théoriquement, les Etats-Unis doivent rembourser jusqu'à 200 milliards de dollars et aussi rembourser la Suisse", a expliqué John Plassard à l'agence AWP. Mais, selon le responsable de la stratégie d'investissement à la banque Cité Gestion, "Donald Trump a plusieurs options: il peut faire recours, mettre 15% de droits de douane pendant 150 jours ou déclencher la raison de sécurité nationale".
"On savait que c'était illégal, raison pour laquelle les marchés ne réagissent pas violemment. La chute du dollar s'explique par le fait que si les Etats-Unis doivent rembourser les droits de douane, cela se ferait avec de la dette supplémentaire, ce qui affaiblit le dollar", a poursuivi M. Plassard.
Pour l'expert de la banque genevoise, "la décision de la Cour suprême n'est pas une certitude que les droits de douane soient suspendus, car Donald Trump a un plan B. Donc il n'y a pas de changement pour les entreprises exportatrices suisses".
Impact déflationniste
"La décision de la Cour suprême constitue avant tout un signal institutionnel fort. En invalidant les tarifs généralisés fondés sur l'IEEPA, elle réaffirme que le pouvoir de taxation appartient au Congrès et ne peut être étendu de manière extensive sous couvert d''urgence nationale', a quant à lui estimé Arthur Jurus.
Selon le directeur des investissements à la banque Oddo BHF Suisse, "sur le plan macroéconomique, l'impact est modérément désinflationniste. Les tarifs agissaient comme une taxe implicite sur les importations, alimentant les coûts des biens intermédiaires et finaux. Leur annulation allège potentiellement la pression sur certains secteurs industriels et sur les marges des entreprises dépendantes des intrants étrangers."
"Cette décision ne signifie pas la fin du protectionnisme américain, mais sa transformation", a averti M. Jurus, pour lequel "l'exécutif conserve des outils puissants - Section 301, Section 232, mécanismes antidumping et antisubventions - permettant de reconstruire une architecture protectionniste plus ciblée, sectorielle et pays-spécifique".
al/rr