10. Jul 2026
Description
Paris (awp/afp) - La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines a annoncé vendredi avoir dégagé un résultat net de 1,6 milliard de dollars au deuxième trimestre, renouant avec les bénéfices en dépit de coûts de carburant historiques, compensés par une augmentation des prix.
Si ce résultat marque une nette amélioration par rapport à la perte de 289 millions de dollars accusée au premier trimestre, il ressort tout de même en baisse de 25% comparé à la même période de l'année dernière.
Le chiffre d'affaires du transporteur a lui bondi de 19% sur un an pour s'établir à 19,8 milliards de dollars, porté par une forte "demande mondiale", indique le groupe dans un communiqué.
A la fermeture de la Bourse de New York vendredi, l'action Delta Air Lines reculait de 1,84%.
La compagnie a souligné qu'elle avait dû absorber la facture de carburant trimestrielle "la plus élevée de son histoire".
"A 4,4 milliards de dollars, c'est près de deux milliards de plus qu'un an plus tôt", a commenté Erik Snell, directeur financier, lors d'une audioconférence avec des analystes. Il s'attend à une hausse de 40% en 2026 par rapport à l'année précédente.
La compagnie a pu compter sur une particularité de son modèle économique : elle possède sa propre raffinerie, dont les revenus ont quasiment doublé pour atteindre près de 2,1 milliards de dollars sur le trimestre.
La raffinerie a représenté un "avantage stratégique", a insisté M. Snell.
"Delta agit depuis une position de force", s'est félicité son directeur général Ed Bastian, cité dans le communiqué.
Le secteur aérien subit les conséquences de la flambée des cours du pétrole due à la guerre au Moyen-Orient.
En conséquence, en un an, le coût par siège rapporté à la distance parcourue a bondi de 21%, a rapporté Delta.
Pour compenser ces lourdes charges, l'entreprise s'est appuyée sur la hausse des prix de vente des billets (12% d'augmentation des revenus par mile voyagé), en particulier de ses sièges de classes supérieures (+17% de revenus pour les billets premium).
"Le coût de production, pas seulement le carburant, augmente. Le coût du travail augmente, le coût des aéroports augmente, le coût technologique augmente. Les avions (...), quand vous pouvez en acheter, sont plus chers", a déploré M. Bastian auprès des analystes.
Dans le sillage des nouvelles catégories tarifaires ("basic economy", "premium economy", etc.) apparues ces dernières années, Delta a annoncé mercredi une option "basic" pour ses produits business (First, Premium Select et One). Elle n'inclut pas le choix gratuit du siège et offre une allocation de bagages inférieure, entre autres services restreints.
Le groupe a confirmé l'ensemble de ses prévisions financières pour l'année 2026, alors que les analystes interrogés par Bloomberg s'attendaient à ce qu'elles soient revues à la baisse.
Concernant la Coupe du monde de football, qui se déroule en ce moment en Amérique du Nord, les dirigeants de Delta Air Lines ont indiqué que l'activité n'était "pas suffisamment importante pour faire une énorme différence", affirmant ne pas avoir déployé "beaucoup de capacités" pour ce tournoi.
afp/rp