Calme plat sur les marchés boursiers, les taux perchés à des sommets

Il y a 2 heures

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Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent sans élan lundi, sur fond de doutes quant à la santé de l'économie américaine et de flambée des taux d'intérêt sur le marché des obligations des Etats.

La Bourse de New York a ouvert sans direction claire, au début d'une semaine pauvre en données économiques, les investisseurs restant néanmoins attentifs à la situation au Moyen-Orient et à l'évolution des prix du pétrole.

Dans les premiers échanges, le Dow Jones reculait de 0,25%, l'indice Nasdaq prenait 0,23% et l'indice élargi S&P 500 était proche de l'équilibre (+0,02%).

En Europe, vers 15H45, Paris reculait (-0,47%) et Francfort restait proche de l'équilibre (-0,10%), tout comme Londres (-0,10%). Seule Milan progressait (+0,36%).

Vers 16h15, Zurich s'affaissait de 0,45%.

Les doutes sur la dynamique de l'économie américaine ont rattrapé les marchés la semaine dernière, après un recul surprise (-0,6%) des ventes au détail aux Etats-Unis au mois de juillet.

A ce mauvais indicateur s'est ajoutée une confiance des consommateurs américains en nette baisse, selon une enquête préliminaire de l'université du Michigan également publiée vendredi.

Ces données provoquent la "crainte qu'un ralentissement trop marqué de l'économie américaine finisse par peser sur les bénéfices", après une saison des résultats particulièrement positive, relève John Plassard, de Cité Gestion Private Bank.

La semaine dernière, de bons chiffres sur l'inflation américaine ont quelque peu soulagé les investisseurs: ces données permettent d'éloigner la perspective d'une hausse des taux imminente de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui aurait un impact négatif sur les marchés d'actions.

"Il devient de plus en plus probable que la Fed ne procèdera plus à aucune hausse de taux avant les importantes élections de mi-mandat de novembre", estime Jochen Stanzl, analyste pour Consorsbank.

Les taux perchés à des sommets

Cela n'a toutefois pas provoqué de baisse des rendements des obligations des Etats, qui ont à nouveau grimpé la semaine dernière.

Ils restaient perchés à des sommets lundi: en Europe, le taux d'intérêt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, atteignait 3,21%, au même niveau que vendredi, au plus haut depuis 2011. Son équivalent français était à 4,05%, au plus haut depuis 2009.

Le rendement américain à échéance dix ans était lui à 4,70%, au plus haut depuis 2023.

Les investisseurs s'inquiètent de l'inflation provoquée par la hausse des prix du pétrole depuis le début de la guerre en Iran, fin février, et alors que les perspectives d'une paix durable semblent toujours plus incertaines entre Washington et Téhéran.

Des frappes israéliennes ont fait samedi onze morts, dont des femmes et des enfants, dans le sud du Liban, le bilan le plus meurtrier depuis des accords conclus en juin, qui avaient permis une baisse des hostilités entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah.

Malgré ces tensions, le pétrole évoluait peu lundi. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, gagnait 0,66% à 89,10 dollars. Son équivalent nord-américain, le WTI, prenait 0,42%, à 82,75 dollars.

La Chine tourne au ralenti

Les Bourses asiatiques ont été tirées par les valeurs technologiques. Hong Kong a pris 1,34%, soutenue par Alibaba (+1,92%), Tencent (+1,45%) et JD.com (+2,54%). Tokyo a pris 0,74%, portée notamment par Advantest (+2,47%).

En revanche, les analystes s'inquiètent du ralentissement des ventes au détail et de la production industrielle en Chine en juillet, selon des données officielles publiées lundi, se plaçant en deçà des prévisions.

"Les marchés obligataires chinois divergent nettement de leurs homologues occidentaux et des principaux marchés asiatiques", relève Ipek Ozkardeskaya dans sa note pour les clients de Swissquote.

"Le rendement chinois à 10 ans est tombé à son plus bas niveau en un an, sur fond de faiblesse de la consommation qui maintient l'économie chinoise au bord de la déflation malgré une croissance fulgurante des technologies et de l'IA", développe-t-elle. "L'obligation à 10 ans rapporte désormais 1,68%. En 2004, elle se situait près de 5 %".

afp/ck