16. Oct 2026
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Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux ont clôturé sans direction claire vendredi, Wall Street souffrant du fort repli des valeurs technologiques, tandis que les places européennes ont progressé, moins exposées au secteur.
À New York, l'indice Nasdaq - qui rassemble les grands noms de la tech - a glissé de 2,14%, l'indice élargi S&P 500 a perdu 1,09% et le Dow Jones a lâché 0,34%.
Les analystes de Briefing.com observent à Wall Street "un nouvel accès de faiblesse des valeurs des semi-conducteurs sous l'effet de craintes concernant l'IA".
Le mastodonte Nvidia a perdu 1,43%, Broadcom a chuté de 4,52%, Micron de 5,63% et AMD de 5,95%.
Les géants de la tech américaine, qui avaient été jusqu'ici plutôt épargnés par ces vagues de ventes, ont aussi été sanctionnés, à l'image de Meta (-3,72%), Alphabet (-2,47%) ou Microsoft (-1,93%).
"Les doutes des investisseurs concernant les dépenses massives" du secteur de l'IA, "des valorisations jugées excessives, certaines dynamiques de financement circulaires et la concurrence chinoise" minent la place américaine, résume José Torres, analyste d'Interactive Brokers.
Les niveaux d'endettement de certains groupes suscitent de fortes inquiétudes, à l'image des acteurs du "néocloud", qui regroupe des entreprises qui construisent des centres de données optimisés pour l'IA, comme CoreWeave (-11,91%) et Nebius (-12,18%) mais aussi Oracle (-4,64%).
Les opérateurs attendent désormais de voir si les résultats trimestriels du secteur seront à la hauteur des attentes.
"L'enthousiasme pour l'IA pourrait renaître si les entreprises annoncent des performances positives et font des déclarations encourageantes", estime José Torres.
En Europe, tous les indices ont terminé dans le vert : Francfort a gagné 0,94%, Milan 0,96%, Londres 0,36% et Paris 0,24%. A Zurich, le SMI a terminé sur un gain de 0,29%.
L'indice paneuropéen Stoxx 600 a pris 0,72% et 2,09% sur l'ensemble de la semaine. Il affiche une performance hebdomadaire bien meilleure que celle du S&P 500 new-yorkais.
"On a une rotation hors du secteur technologique, qui n'est pas très présent en Europe", au bénéfice d'autres secteurs, observe Andrea Tueni, responsable des activités de marché chez Saxo Banque France.
- La Fed calme les tensions -
La prise de parole de Kevin Warsh en marge des assemblées du FMI à Bangkok a retenu l'attention des investisseurs et "le plus important est peut-être ce qu'il n'a pas dit", relèvent les stratégistes de Deutsche Bank.
Le président de la Fed a refusé de se prononcer sur la réunion des 27 et 28 octobre. "Je ne préjuge pas des réunions", a-t-il déclaré. "Nous cherchons naturellement à savoir ce que nous réservent les années 2027 et 2028, mais la Fed se penche à chacune de ses réunions sur les données du moment", a-t-il expliqué.
"Les marchés ont salué l'absence de ton offensif", résume Deutsche Bank, avec une réaction immédiate : la probabilité d'une hausse des taux le 28 octobre est passée d'environ 30% à près de 17%.
Dans ce contexte, le billet vert reculait de 0,16% face à la monnaie unique européenne, à 1,1237 dollar pour un euro vers 20H30 GMT.
- Le pétrole monte -
Les cours du pétrole ont clôturé en hausse vendredi, poussés par des doutes autour de l'accord entre Washington et Moscou portant sur des achats de diesel russe, tandis que les hostilités au Moyen-Orient se poursuivent.
Le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 3,72% à 109,86 dollars, après avoir brièvement touché les 110 dollars pour la première fois depuis mai.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a progressé de 3,51% à 101,41 dollars.
La hausse des cours a accéléré après qu'un groupe d'élus, républicains comme démocrates, a présenté vendredi un projet de loi visant à bloquer l'accord conclu par Donald Trump avec Moscou pour la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial.
Le Congrès n'étant actuellement pas en session, le texte n'a toutefois quasiment aucune chance d'être examiné avant les élections de mi-mandat début novembre.
Les craintes sur l'approvisionnement sont aussi "exacerbées par les menaces des Houthis du Yémen de mener de nouvelles attaques contre l'Arabie saoudite", notent les experts de Briefing.com.
afp/rp