Bourses mondiales: Nvidia déçoit Wall Street, l'Europe bat des records

26. fév 2026

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Paris (awp/afp) - Les résultats stratosphériques de Nvidia, la première capitalisation mondiale, n'ont pas suffi jeudi à calmer les doutes des investisseurs concernant l'IA, faisant à nouveau reculer la tech à Wall Street, quand l'Europe a au contraire battu des records.

A la Bourse de New York, vers 16H50 GMT, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - reculait de 1,49% et l'indice élargi S&P 500 de 0,83%. Le Dow Jones, le moins porté sur la tech, perdait 0,19%.

Nvidia, qui conçoit notamment des puces électroniques utilisées pour l'intelligence artificielle, cédait 4,20%, perdant ainsi plusieurs centaines de milliards de dollars de valorisation boursière, malgré une première réaction positive des marchés dans les échanges d'avant-séance.

Le groupe américain a pourtant présenté mercredi des performances sensiblement supérieures aux attentes pour le quatrième trimestre de son exercice décalé (clôturé fin janvier), son patron évoquant une demande de capacités pour l'IA en "croissance exponentielle".

Le bénéfice net du groupe est ressorti à 42,96 milliards de dollars, en hausse de 94% sur un an. Bref, "les résultats sont excellents, les prévisions sont excellentes, les perspectives sont excellentes", a résumé Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Pourtant, cette publication "n'a pas impressionné". Des "doutes persistent quant à la durabilité de la croissance fulgurante de l'entreprise", a expliqué Derren Nathan, chef de la recherche pour Hargreaves Lansdown.

"Le débat porte moins sur les excellents résultats à court terme que sur la viabilité des dépenses d'investissement dans l'IA", a estimé Richard Clode, gérant chez Janus Henderson.

Depuis plusieurs semaines, les marchés s'inquiètent en effet de la rentabilité future des dépenses colossales d'investissement des géants de la tech dans le développement de l'intelligence artificielle, qui profitent pour le moment à Nvidia.

Ces derniers reculaient aussi à Wall Street: Amazon perdait 1,13%, Alphabet 1,72% et Apple 0,66%. Meta restait stable (+0,04%). En Europe, ASML, qui fabriquent des machines permettant de fabriquer les puces électroniques, a perdu 4,35% à Amsterdam.

Les investisseurs s'inquiètent dans le même temps des conséquences du développement de cette nouvelle technologie pour le modèle économique de nombreux secteurs, comme celui des logiciels, qui a connu de lourdes déconvenues en Bourse depuis le début de l'année.

Sur ce point, les résultats du géant des logiciels américain Salesforce, avec des prévisions supérieures aux estimations, ont, eux, rassuré. Son titre prenait 2,54% à Wall Street vers 16H50 GMT.

Les éditeurs de logiciels européens ont grimpé dans la foulée: SAP a pris 3,07% à Francfort, et à Paris, Capgemini (+3,41%) et Dassault Systèmes (+2,00%) ont fini dans le vert.

Sur le Vieux Continent, les Bourses ont terminé dans le vert, digérant une série de résultats majoritairement bien reçus. Paris a pris 0,72% et Londres 0,37%, battant tous deux des records en clôture et en séance. Francfort a gagné 0,45% et Milan 0,54%. A Zurich, le SMI a cédé 0,45%.

Indra s'envole

L'industriel de défense espagnol Indra s'est envolé de 21,26% à Madrid, après avoir annoncé une explosion de son bénéfice net de plus de 50% en 2025, tiré par l'attribution de nouveaux contrats, en plein chamboulement du paysage de la défense en Espagne et en Europe du fait de l'invasion russe en Ukraine.

Rolls Royce vrombit

Le groupe industriel britannique Rolls-Royce a assuré jeudi que la demande pour ses moteurs d'avions propulserait ses bénéfices annuels et dit poursuivre en parallèle le développement de petits réacteurs nucléaires modulaires, dont le premier exemplaire britannique sera construit au Pays de Galles.

Le groupe, qui fournit des moteurs à la fois à l'européen Airbus et à l'américain Boeing, avait connu ces dernières années des difficultés avant de lancer un plan de transformation et de suppressions d'emplois qui lui a permis de renouer avec les bénéfices en 2023.

Son titre a bondi de 5,11% à 1.377 pence à la Bourse de Londres.

Puma salué

L'équipementier sportif Puma, a pris 9,82% à 24,83 euros, après avoir annoncé mercredi qu'il ne paierait pas de dividende pour l'année 2025 à la suite d'une perte nette enregistrée l'année dernière et qui devrait se poursuivre en 2026, liée à une chute de ses ventes face à la concurrence d'autres marques de vêtements de sport.

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afp/rp