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Paris (awp/afp) - Les Bourses européennes ouvrent la semaine sans élan, freinées par les tensions au Moyen-Orient et les prix élevés de l'énergie, tandis que les valeurs technologiques profitent de l'engouement renouvelé pour l'intelligence artificielle.
"La nouvelle semaine commence un peu comme l'ancienne s'est terminée: avec un intérêt particulier pour les valeurs liées aux semi-conducteurs et à l'intelligence artificielle, mais avec une certaine retenue sur le reste du marché", note Jochen Stanzl, chez BNP Consors.
Les Bourses européennes, moins exposées aux valeurs technologiques que les États-Unis ou l'Asie, profitent dans une moindre mesure du regain d'enthousiasme des investisseurs pour le secteur.
Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris perdait 0,09%, Londres et Francfort lâchaient 0,13%. Seule Milan s'octroyait 0,27%.
Le niveau élevé des prix de l'énergie maintient les places européennes sous pression, les économies du Vieux Continent restant de grandes importatrices d'hydrocarbures.
Or, "l'escalade des tensions au Moyen-Orient et les informations faisant état d'attaques réciproques de navires entre les États-Unis et l'Iran dans le détroit d'Ormuz maintiennent les prix de l'énergie sous pression à la hausse", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.
L'Iran a menacé dimanche les États-Unis d'une réponse "plus rapide, plus intense et plus douloureuse". Sur le plan diplomatique, les négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient restent elles, dans l'impasse.
Vers 09h30, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, gagnait 0,84% à 97,09 dollars, et son équivalent américain, le WTI, prenait 0,56% à 91,99 dollars.
Feu vert pour la tech
Les valeurs technologiques profitent d'"un regain d'enthousiasme pour l'IA après qu'OpenAI a dévoilé GPT-6 Astra, son modèle le plus avancé à ce jour", souligne Ipek Ozkardeskaya.
Il serait capable, selon l'entreprise de San Francisco, de se servir seul d'un ordinateur et serait diffusé avec un dispositif pouvant l'arrêter s'il sort de son cadre.
En Europe, les fabricants de semi-conducteurs et autres valeurs liées à l'IA surfent sur la dynamique. Vers 09h30, Infineon gagnait 2,64% et Suss MicroTec prenait 3,66% à Francfort, ASML gagnait 2,54% à Amsterdam et STMicroelectronics (+2,31%) et Soitec (+4,87%) s'affichaient en nette hausse à Paris.
"Sans surprise, les indices asiatiques fortement exposés aux valeurs technologiques suivent les actions technologiques américaines à la hausse ce lundi", note l'analyste de Swissquote.
A Tokyo, le Nikkei a terminé en hausse de 2,12%, tiré par l'envolée du titre SoftBank (+11,22%), "l'un des principaux soutiens financiers d'OpenAI", rappelle Ipek Ozkardeskaya.
Kioxia (+9,31%), Tokyo Electron (+4,73%) et Advantest (+4,20%) se sont également affichés en forte hausse à Tokyo.
L'indice phare de la Bourse de Séoul, le Kospi, a lui terminé en hausse de 4,61%, dopé par les poids lourds sud-coréens Samsung (+5,68%) et SK hynix (+8,26%).
Taipei a gagné 1,67% grâce à la hausse du titre du géant des puces TSMC (+2,07%).
L'indice phare de la Bourse de Hong Kong, le Hang Seng, reculait pour sa part de 0,76% dans les derniers échanges. Quant à l'indice composite de la Bourse de Shanghai, il restait quasi stable (+0,07%).
Inflation et taux dans le viseur
Cette semaine, les investisseurs attendront la publication de l'indice des prix à la consommation (CPI) pour août aux Etats-Unis, considéré comme un élément essentiel avant toute décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).
"La guerre en Iran a maintenu les prix des matières premières à des niveaux élevés ces dernières semaines, les prix de l'essence au détail sont élevés et le coût du diesel aux États-Unis a récemment atteint un niveau record, ce qui exercera une pression haussière sur l'indice des prix à la consommation", estime Kathleen Brooks.
"Un chiffre élevé renforcerait nettement la probabilité d'un relèvement des taux de la Fed le 16 septembre", note John Plassard, analyste pour Cité Gestion Private Bank.
En Europe, une nouvelle hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) se profile jeudi, selon les marchés.
L'institution pourrait relever son taux de référence d'un quart de point à 2,5% pour freiner l'inflation, au plus haut depuis trois ans en zone euro (+3,3% sur un an en août).
"Les taux de la BCE sont plus faibles qu'ailleurs, ce qui lui laisse une marge pour relever les taux sans provoquer trop de perturbations économiques", rappelle par ailleurs Kathleen Brooks.
afp/cw