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Paris (awp/afp) - Les Bourses évoluent en ordre dispersé vendredi, New York recule sous le poids des valeurs technologiques tandis que l'Europe, qui compte peu de grands groupes du secteur, a terminé dans le vert.
À Wall Street, vers 18h10 (heure suisse), le S&P 500 reculait de 0,42%, le Nasdaq, indice boursier à dominante technologique, reculait nettement de 1,14%. Le Dow Jones grappillait quant à lui 0,19%.
En Europe, tous les indices ont terminé dans le vert : Francfort a gagné 0,94%, Milan 0,96%, Londres 0,36% et Paris 0,24%. A Zurich, le SMI a bouclé en hausse de 0,29%. L'indice paneuropéen Stoxx 600 a pris 0,72% et 2,09% sur l'ensemble de la semaine. Il affiche une performance hebdomadaire bien meilleure que celle du S&P 500 new-yorkais (-1,44% vers 18h10).
"On a une rotation hors du secteur technologique, qui n'est pas très présent en Europe", au bénéfice d'autres secteurs, observe Andrea Tueni, responsable des activités de marché chez Saxo Banque France.
A New York, CoreWeave chutait de 9,36%, AMD cédait 3,42%, Micron 3,51%, Oracle 3,41%, Broadcom 2,69%. En Europe, Technoprobe a abandonné 5,15%, BE Semi-conductor Industries 4,80%, ASM 1,65%.
À Francfort, "les actions les plus recherchées étaient celles du secteur automobile ainsi que les valeurs défensives de la pharmacie et de la santé", note Andreas Lipkow, analyste indépendant.
Les valeurs de la défense figuraient aussi parmi les plus fortes hausses du Stoxx 600 : l'allemand Rheinmetall a bondi de 6,26%, son compatriote Hensoldt de 5,96%, l'italien Leonardo de 4,73% et le français Thales de 2,77%. Le britannique BAE Systems a pris 2,88%.
Ailleurs à la cote, le fabricant allemand d'éoliennes Nordex s'est envolé de 12,28%.
Aux États-Unis, "l'espoir d'un boom durable de l'intelligence artificielle (IA) maintient les marchés actions à un niveau élevé", mais "la hausse est de plus en plus portée par un petit nombre de grands groupes technologiques", met en garde Andreas Lipkow.
"Tandis que le S&P 500 évolue juste en dessous de ses niveaux record, plus de 200 de ses composants affichent des pertes de plus de 30%", souligne l'analyste.
La semaine prochaine, la publication des résultats de plusieurs géants américains de la tech sera scrutée.
"Les grands hyperscalers américains doivent désormais prouver, chiffres à l'appui, que leurs investissements de plusieurs milliards génèrent des revenus à la hauteur", estime Andreas Lipkow, en référence aux groupes qui exploitent d'immenses centres de données, comme Microsoft, Amazon ou Alphabet.
La Fed calme les tensions
La prise de parole de Kevin Warsh en marge des assemblées du FMI à Bangkok a retenu l'attention des investisseurs et "le plus important est peut-être ce qu'il n'a pas dit", relèvent les stratégistes de Deutsche Bank.
Le président de la Fed a refusé de se prononcer sur la réunion des 27 et 28 octobre. "Je ne préjuge pas des réunions", a-t-il déclaré. "Nous cherchons naturellement à savoir ce que nous réservent les années 2027 et 2028, mais la Fed se penche à chacune de ses réunions sur les données du moment", a-t-il expliqué.
"Les marchés ont salué l'absence de ton offensif", résume Deutsche Bank, et ont immédiatement réagi : la probabilité d'une hausse des taux le 28 octobre est passée d'environ 30% à près de 14%.
Les taux d'intérêt des dettes des États ont connu de fortes baisses la veille, bénéficiant de leur statut de valeur refuge après un mouvement de ventes massif des actions liées à l'intelligence artificielle.
Mais vendredi, le taux américain à dix ans remontait à 5,09%, contre 5,06% jeudi en clôture, tandis que celui à deux ans à 4,74% restait stable par rapport à la veille.
En Europe, le rendement allemand à dix ans s'établissait à 3,42% (contre 3,41%) et le français à 4,80% (contre 4,79%).
afp/rr