Bourses : la tech et la dette française pèsent

Il y a 4 heures

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Paris (awp/afp) - Les Bourses européennes sont en repli mardi, dans un marché toujours inquiet pour la dette française et peu aidé par l'Asie, où Séoul a chuté de 3,73%, dans le sillage des valeurs technologiques.

Vers 07H40 GMT, Paris cédait 0,41%, Francfort 0,87%, Londres 0,44%, Milan 0,86% et Madrid 0,41%.

En Asie, Séoul et Tokyo (-1,30%) ont de nouveau subi le plus gros des ventes, les géants des puces électroniques SK hynix (-4,23%), Samsung (-2,98%) et Kioxia (-3,38%) ayant fortement baissé. SoftBank, géant japonais de l'investissement dans les technologies, a chuté de 6,01%.

"Les craintes liées aux valorisations élevées et au financement du boom de l'intelligence artificielle continuent de peser sur les marchés", a noté Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.

À Séoul, le spécialiste des centres de données Elice a perdu environ un tiers de sa valeur (-32,04%) pour son premier jour de cotation. "Ces débuts ratés sont assurément un avertissement pour les prochaines introductions en Bourse liées à l'IA", juge Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

"La baisse des marchés asiatiques rappelle que la stabilisation américaine reste fragile", relèvent les analystes d'Aurel BGC, au lendemain d'un rebond des valeurs technologiques à Wall Street, où le Nasdaq, indice boursier à dominante technologique, a gagné 1,11%.

En Europe, les fabricants de puces reculaient aussi vers 07H40 GMT : ASML perdait 3,26% à Amsterdam, Infineon 2,91% et Aixtron 3,30% à Francfort, Soitec 4,75% et STMicroelectronics 3,22% à Paris, et Technoprobe 4,03% à Milan.

- Dette sous pression -

Concernant la France, "les violences de ce week-end replacent brutalement la question sociale au coeur du risque français", a résumé John Plassard, chef de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank. Selon lui, "les marchés ne donnent plus à la France le bénéfice du doute qu'ils lui accordaient encore en 2018", lors de la crise des gilets jaunes.

Lundi, le taux français à dix ans a terminé à 4,93%, son plus haut niveau de clôture depuis juillet 2002, contre 4,80% vendredi. L'écart avec le taux allemand, qui mesure la méfiance des investisseurs envers la dette française, a fini à 1,48 point de pourcentage, contre 1,37 vendredi, son plus haut niveau de clôture depuis début 2012.

Mardi vers 07H40 GMT, le taux français s'établissait à 4,92% et l'allemand à 3,44%, contre 3,45% lundi.

"Nous ne sommes pas encore revenus au pic de tension", ont toutefois nuancé les stratégistes de Deutsche Bank, l'écart ayant dépassé 1,50 point en séance début octobre.

L'agence Moody's doit se prononcer vendredi sur la note de la France.

"Même si le gouvernement actuel parvient à faire adopter un budget, l'élection présidentielle de l'an prochain pourrait défaire tout ce qui est décidé aujourd'hui", a mis en garde Ipek Ozkardeskaya.

L'euro gagnait 0,17% face au billet vert, à 1,1232 dollar pour un euro. Le rendement américain à dix ans refluait à 5,12%, contre 5,14% lundi.

- L'énergie toujours chère -

Vers 07H40 GMT, le baril de pétrole Brent de la mer du Nord s'échangeait à 110,47 dollars (+0,84%) et celui de WTI américain à 104,03 dollars (+0,36%).

"La question n'est plus seulement de savoir jusqu'où les prix peuvent monter, mais combien de temps l'économie mondiale pourra absorber un pétrole durablement aussi cher", a souligné John Plassard, de Cité Gestion Private Bank.

Le gaz naturel européen (contrat TTF néerlandais) prenait 0,57%, à 88,54 euros.

L'once d'or cédait 0,39%, à 4.124,68 dollars.

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