Bourses: la tech délaissée au profit des obligations

15. Oct 2026

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Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent en ordre dispersé jeudi, dans une séance surtout marquée par le fort repli des valeurs technologiques, dont les investisseurs se sont détournés au profit des obligations, ce qui a nettement fait refluer les taux d'intérêt souverains.

La Bourse de Paris a gagné 0,78%, Londres a pris 1,08% et Francfort 0,33%, tandis que Milan a reculé de 0,72%. À Zurich, la Bourse suisse a clôturé en forte hausse de 1,55%.

A New York, vers 18h10, le Dow Jones prenait 0,79% et le S&P 500 grappillait 0,10%, tandis que le Nasdaq, à forte coloration technologique, cédait 0,39%.

Les valeurs technologiques sont restées sous pression en Europe. A Francfort, Aixtron a dévissé de 12,71 % et Infineon a perdu 5,20 %. Siemens Energy (-2,16 %) et le géant du BTP Hochtief (-3,56 %), qui construit des centres de données, ont aussi reculé. A Paris, STMicroelectronics a cédé 3,68 %.

Aux Etats-Unis, Nvidia cédait 2,12% et AMD 4,11%.

A l'inverse, des secteurs jugés plus sûrs ont progressé, comme la santé, l'agroalimentaire ou les télécoms.

Les investisseurs prennent leurs gains

Cette baisse est à attribuer à la détérioration du "sentiment des marchés sur le secteur technologique après les propos du patron de Broadcom en début de semaine", commente Vincent Juvyns, stratégiste en chef d'ING Belgique.

Hock Tan, PDG du géant américain des puces, a estimé lors d'un événement à Singapour que nombre d'investisseurs dans l'intelligence artificielle ne savaient pas dans quoi ils investissaient, comparant leur comportement à celui de joueurs de casino.

"Lorsque de tels propos viennent du PDG d'une des principales entreprises du secteur, forcément, cela inquiète les investisseurs", ajoute Vincent Juvyns.

"Il faut aussi se rappeler que le secteur a excessivement bien performé depuis le début de l'année, c'est aussi une excuse pour prendre des bénéfices", estime le stratège.

En parallèle, "l'alternative obligataire est très intéressante", souligne Florian Ielpo, de Lombard Odier IM.

Une obligation américaine à dix ans rapporte environ 5% par an, un rendement jugé sûr qui concurrence celui, plus incertain, des actions.

Les gains encaissés se sont en partie reportés vers les obligations d'Etat, entraînant une forte baisse des taux d'intérêt souverains.

Le rendement américain à dix ans tombait à 5,09%, contre 5,19% la veille. Son équivalent à échéance deux ans était à 4,76%, contre 4,80% mercredi. En Europe, le rendement de l'emprunt allemand à dix ans a terminé à 3,41% contre 3,47% la veille et le français à 4,79%, contre 4,88%.

L'or, valeur refuge, prenait 0,95% à 4105,36 dollars l'once. Du côté du pétrole, le Brent reculait de 0,16% à 105,89 dollars. L'euro montait de 0,39%, à 1,1200 dollar.

Une Fed vigilante

La veille, l'inflation américaine est ressortie à 3,7% sur un an en septembre, au-dessus des 3,6% attendus par les analystes.

Jeudi, les prix à la production, qui annoncent souvent l'évolution des prix à la consommation, ont confirmé la tendance : ils ont bondi de 1,3% sur un mois en septembre, leur plus forte hausse depuis mars 2022.

Sur un an, l'inflation côté producteurs a progressé de 6,3%, la plus forte hausse observée depuis septembre 2022, bien au-delà des attentes des analystes (+5,5% sur un an) selon le consensus publié par MarketWatch.

Les ventes au détail ont par ailleurs progressé de 0,8% en septembre, bien au-delà des 0,3% attendus.

"La consommation des ménages ne cesse de surprendre positivement cette année", souligne Bastien Drut, de CPRAM.

"Les ventes au détail sont même sur leur plus fort rythme de croissance depuis plus de 4 ans", souligne le stratège.

Ces indicateurs "plaident pour une banque centrale américaine plus vigilante sur les taux", abonde Vincent Juvyns.

Les marchés évaluaient jeudi à près de 30 % la probabilité que la Fed relève ses taux dès sa réunion d'octobre, et accordent une probabilité de 85 % au scénario d'une hausse en décembre.

afp/cw