Bourses en Asie: les puces font dégringoler Tokyo et Séoul

Il y a 2 heures

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Tokyo (awp/afp) - La Bourse de Séoul a dévissé de plus 10% mardi à la clôture et celle de Tokyo a lâché 4%, plombées dans le sillage de Wall Street par les titres liés aux semi-conducteurs après l'annonce d'une percée technologique chinoise, tandis que les prix du pétrole refluaient encore.

Panique sur les puces

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé en recul de 3,95%, à 62'364,92 points, tandis qu'à Séoul, l'indice star Kospi a dévissé de 10,84%, à 6024 points.

Les titres des semi-conducteurs ont dégringolé de concert, à l'image des champions sud-coréens des puces mémoire Samsung Electronics et SK hynix, poids lourds de la cote, qui ont abandonné jusqu'à 14% en séance.

Les fabricants japonais d'équipements pour semi-conducteurs ont lourdement trébuché, dont Tokyo Electron (-11%), tandis que le géant nippon des puces Kioxia a dévissé de 18%.

De son côté, la Bourse de Taipei a cédé 4,65%, plombée par le mastodonte taïwanais des semi-conducteurs les plus avancés TSMC (-2,98%).

Ce mouvement suit la chute des valeurs tech à Wall Street lundi. Les marchés sont paniqués par la possibilité d'une percée technologique décisive de la Chine dans l'industrie des puces informatiques nécessaires à l'intelligence artificielle (IA).

Selon le site The Information, l'entreprise chinoise Shanghai Yuliangsheng a lancé la production industrielle de machines de lithographie dans l'ultraviolet profond (DUV), technologie jusqu'ici exclusivement maîtrisée par le groupe néerlandais ASML, qui permet de fabriquer des puces très puissantes.

De quoi aiguiser la concurrence des puces chinoises et ébranler les fabricants sud-coréens, américains et taïwanais.

L'annonce a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans un environnement déjà fébrile sur les perspectives de rentabilité de l'IA.

"Le marché veut savoir ce que ces dépenses d'investissement des géants tech rapporteront, combien de temps il faudra et quel niveau d'endettement et de flux de trésorerie disponible devra être sacrifié", a expliqué Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.

"L'offensive chinoise dans le domaine de la lithographie ouvre un autre volet : les systèmes DUV chinois n'ont pas besoin d'égaler demain les équipements les plus avancés d'ASML pour influencer les valorisations actuelles. Il suffit à la Chine de réduire l'écart plus rapidement que prévu pour remettre en question l'idée d'une domination technologique occidentale permanente", a-t-il ajouté.

"La récente vague de ventes chez les fabricants de puces montre que les doutes concernant les dépenses, rendements et valorisations continuent de s'exacerber", a confirmé Hebe Chen, analyste de Vantage Global Prime citée par Bloomberg.

Même la chute des prix ne suffit plus à attirer des achats à bon compte. "Les investisseurs attendent des preuves plus solides avant de réinvestir", a-t-elle prévenu.

Pour sa part, l'indice hongkongais Hang Seng cédait 0,20% vers 06H30 GMT.

Sur le marché des changes, la devise japonaise était stable à 163,71 yens pour un dollar, dans l'attente de réunions de politique monétaire des banques centrales américaine (Fed) et japonaise (BoJ) plus tard cette semaine.

Nouveau reflux du pétrole

Vers 06H30 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, reculait de 0,59% à 87,84 dollars.

Le cours du baril de pétrole WTI nord-américain abandonnait 0,46%, à 82,23 dollars.

Le marché restait soulagé par l'accalmie des derniers jours au Moyen-Orient, après trois jours de pause des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis.

Le président américain Donald Trump a jugé lundi que les discussions avec Téhéran avaient "de bonnes chances" d'aboutir, alors même que les dirigeants iraniens ont démenti négocier avec Washington.

"Ce repli des cours reflète l'espoir croissant que les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran ne s'aggravent pas davantage, suite aux informations selon lesquelles les deux parties restent ouvertes au dialogue diplomatique", a indiqué Daniela Hathorn, analyste de Capital.com

"Cette situation a incité les opérateurs à réduire leur exposition au risque géopolitique, qui avait fait grimper le Brent au-dessus de 100 dollars le baril", mais, pour autant, "la situation est loin d'être résolue", a-t-elle relevé.

De fait, les risques liés à la navigation dans le détroit d'Ormuz et les perturbations persistantes en mer Rouge "rendent les marchés de l'énergie vulnérables à l'actualité, et tout revers dans les négociations pourrait rapidement faire remonter les prix du brut", a averti Mme Hathorn.

afp/jh