Il y a 7 heures
Description
Zurich (awp) - La Bourse suisse devrait entamer la séance de mercredi dans le vert, à la faveur du rebond de Wall Street la veille et du net repli des prix du pétrole, alors que Donald Trump a évoqué des progrès vers un accord final avec l'Iran.
La baisse du brut soulage les craintes inflationnistes et redonne de l'élan aux valeurs technologiques, alors que l'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle repart fortement en Asie, notamment en Corée du Sud avec l'envolée spectaculaire de Samsung, relève John Plassard, associé de la banque Cité Gestion. Les investisseurs recommencent progressivement à privilégier le scénario d'un choc géopolitique temporaire plutôt que celui d'une crise énergétique durable, même si le marché continue d'avancer sur une ligne extrêmement fine entre optimisme diplomatique et réalité toujours fragile sur le terrain.
Les principaux indices américains ont nettement rebondi hier soir, dans un marché qui oscille désormais au rythme des titres venus du Détroit d'Ormuz plus qu'au gré des fondamentaux économiques, ajoute l'expert. La détente relative des prix de l'énergie a permis aux investisseurs de reprendre un peu de risque, alors même que la situation géopolitique reste d'une complexité extrême, entre frappes limitées, messages contradictoires et tentative de maintenir un cessez-le-feu fragile.
Vers 08h10, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale de l'or noir, se négociait à 107,66 dollars, en fort repli de 1,99%. Quant aux quelque 159 litres de la référence américaine WTI, ils valaient 100,09 dollars, en baisse de 2,12%.
Le blocage diplomatique reste total entre Washington et Téhéran. L'Iran continue d'exiger la levée du blocus naval imposé sur ses ports avant toute reprise de discussions, ce qui laisse craindre une crise plus longue et beaucoup plus instable que ce que les marchés veulent actuellement anticiper, tempère John Plassard. "Autrement dit, le pétrole recule. mais la prime géopolitique, elle, est loin d'avoir disparu".
Derrière le rebond de Wall Street, "le constat reste inchangé: deux destroyers américains ont traversé mardi le détroit sous tension maximale, tandis que Téhéran envoie des signaux divergents, révélant des fractures internes qui ajoutent une couche supplémentaire d'incertitude", poursuit M. Plassard. Les marchés ont choisi de retenir le scénario le plus favorable, celui d'une escalade contenue, mais la réalité est bien plus nuancée et potentiellement instable.
Sur le front des premières informations macro-économiques du jour, l'activité dans les services en Chine a poursuivi à un rythme accéléré en avril son expansion en cours depuis plus de trois ans, montre l'indice des directeurs d'achat (PMI) pour les services, calculé par les agences S&P Global et RatingDog. Les investisseurs observeront encore le PMI du Canada, les prix à la production aux États-Unis et l'ADP de l'emploi au pays de l'oncle Sam, notamment.
Du côté de la Bourse suisse, le SMI affichait vers 08h15 une progression de 0,75% à 13'150 points, selon les calculs avant-Bourse de la banque Julius Bär. L'ensemble des vingt valeurs constitutives de l'indice phare gagnait du terrain, dans une fourchette entre 2,3 et 0,3%.
Logitech (+2,3%) se positionnait d'emblée en première ligne. Etoffant ses ventes, le fabricant de périphériques et accessoires informatiques a vu son bénéfice net bondir de 12,6% sur un an à 711,19 millions de dollars sur l'exercice décalé 2025/26. La performance du dernier partiel a dépassé les attentes des analystes.
Le groupe valdo-californien était suivi de près par le géant des transports et de la logistique Kühne + Nagel (2,3%), le groupe tirant profit du relevé par Jefferies de sa recommandation et de son objectif de cours. Le spécialiste du luxe Richemont (+0,9%) était aussi recherché, tout comme le chimiste de la construction Sika (+0,8%) et le poids lourd pharma Roche (+0,8%) et le numéro un bancaire helvétique UBS (+0,8%).
Les deux autres plus grosses capitalisations de la cote, le groupe pharma Novartis (+0,7%) et le mastodonte de l'alimentation Nestlé (+0,6%) se montraient à peine moins solides.
Alcon (+0,7%) a enregistré un chiffre d'affaires conforme aux attentes des analystes à 2,685 milliards de dollars au premier trimestre 2026, en hausse de 10% par rapport à la même période de l'année précédente. Les prévisions pour 2026 sont confirmées, voire légèrement augmentées.
La défensive Swisscom (+0,3%) héritait de la lanterne rouge.
vj/ib