2. mar 2026
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Zurich (awp) - La Bourse suisse a terminé la séance de lundi dans le rouge, les indices pliant après américano-israélienne contre l'Iran. La république islamique a riposté en visant les intérêts américains, pétroliers et gaziers dans l'ensemble de la région, alors que l'armée israélienne a bombardé le Liban.
"L'embrasement était prévisible et les marchés s'y préparaient depuis des semaines, tandis que la flotte de guerre américaine se positionnait dans la région. Les évènements n'en ont pas moins eu un impact immédiat, catapultant les prix du pétrole et du gaz dès l'ouverture des échanges cette semaine et éclipsant l'annonce par l'Opep dimanche d'un relèvement à 206'000 barils par jour son plafond de production à compter du mois d'avril", indique Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
"Même si la disparition du Guide suprême est un choc symbolique, le régime iranien dispose de structures sécuritaires, militaires et économiques extrêmement solides qui rendent peu probable sa chute rapide", a commenté Arthur Jurus.
Selon l'expert de la banque Oddo BHF Suisse, "la fermeture potentielle du détroit d'Ormuz par l'Iran, après les frappes américaines, constitue un risque majeur pour les marchés énergétiques mondiaux. Ce passage stratégique entre Oman et l'Iran voit transiter environ 20% de la production mondiale de pétrole, soit plus de 20 millions de barils par jour".
De fait, les prix du pétrole ont bondi. Vers 17h30, le Brent prenait 7,31% à 78,18 dollars le baril et le WTI de 6,38% à 71,30 dollars. Ceux du gaz décollaient également, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, décollant de près de moitié.
La compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a annoncé avoir interrompu la production de gaz naturel liquéfié (GNL) à la suite d'attaques iraniennes contre les installations de deux de ses principaux sites de traitement de gaz.
Après s'être fortement apprécié, l'or ne progressait plus que de 0,38% à 5293,46 dollars.
Pour John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement à Cité Gestion, "si l'escalade reste contenue, le choc pourrait n'être qu'une parenthèse volatile", mais "si elle s'installe, elle pourrait réactiver une inflation énergétique et retarder le retour à la stabilité macroéconomique". Selon l'expert de la banque genevoise, "plus qu'un conflit régional, c'est désormais un test pour l'équilibre économique mondial".
Alors que Wall Street limitait ses pertes en matinée, les indices Dow Jones, S&P 500 et Nasdaq ne cédant que 0,24,% 0,32% et 0,26%, respectivement, les places européennes perdaient nettement plus de terrain.
A la Bourse suisse, l'indice vedette SMI a terminé en repli de 1,29%, réduisant ses pertes en fin de séance, après avoir perdu plus de 2% après l'ouverture. Parmi les autres principaux indices, le SLI a abandonné 1,18% à 2188,77 points et l'indicateur élargi SPI de 1,18% à 19'027,83 points.
Parmi les trente valeurs constitutives du Swiss Leader Index, seules cinq sont parvenus à s'extraire de la zone rouge. Sur la plus haute marche du podium, le géant des transports et de la logistique Kühne + Nagel a bondi de 1,5%, devant le spécialiste des soins dermatologiques Galderma Group (+1,2%) et le fabricant d'ascenseurs et escaliers mécaniques Schindler (+0,5%).
Le tourisme en perdition
Les poids lourds pharmaceutiques pesaient aussi sur l'évolution générale du marché, Roche (-1,1%) et Novartis (-0,4%) reculant, tout comme le numéro un mondial de l'alimentation Nestlé (-0,9%) et UBS (-0,6%).
Roche a revendiqué le succès d'une troisième étude clinique avancée sur son traitement expérimental de la sclérose en plaques, le fénébrutinib. Le programme Fenhance 1 a démontré une réduction de 51% du taux de récurrence par rapport à un traitement au tériflunomide.
Zurich Insurance (-1%) a officiellement soumis son offre d'acquisition de l'assureur britannique spécialisé Beazley. Les conditions de l'offre, recommandée en espèces, restent inchangées. La finalisation de la transaction est attendue au second semestre.
Les plus fortes baisses ont été enregistrées par Richemont (-5,7%), derrière Straumann (-3,1%), Holcim (-2,6%) et Geberit (-2,3%).
Sur le marché élargi, les titres liés au secteur du voyage comme Flughafen Zürich (-3,3%) et Avolta (-6,5%) ont fortement baissé alors que de nombreux voyageurs se retrouvaient bloqués au Moyen-Orient.
Gurit (stable) a encore creusé sa perte nette à 60,4 millions de francs en 2025, après un déficit de 27,8 millions l'année antérieure. Pour 2026, la direction confirme son objectif d'une marge de résultat d'exploitation de 10%.
Aryzta (+4,2%) a enregistré des revenus en légère progression en 2025. Le groupe ne proposera pas de dividende.
Leonteq (+22,5%) voit son actionnaire de référence Raiffeisen céder l'essentiel de sa participation de près de 30% à un autre actionnaire, Rainer-Marck Frey, par le biais de la société caymane H21 Macro, ainsi qu'à quatre autres investisseurs privés. La coopérative bancaire conservera toutefois 7% du capital de la firme zurichoise.
vj/cw