Bourse: l'Europe solide sur ses bases, la planète IA plombée par SpaceX

6. Aoû 2026

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Paris (awp/afp) - Les Bourses européennes évoluent en hausse jeudi matin dans l'attente d'un accord pour la réouverture du détroit d'Ormuz, à l'abri de la baisse des valeurs de la tech en Asie grâce à de bons résultats macro-économiques et d'entreprises.

La veille à New York, le Dow Jones a battu un nouveau record alors que le Nasdaq, plus exposé aux valeurs liées à l'intelligence artificielle (IA), a reculé.

"Un Dow record et un Nasdaq plus faible ont livré le même message: les investisseurs se tournent vers des bénéfices déjà visibles et s'éloignent des formes les plus gourmandes en capital de la thématique IA", a résumé Florian Ielpo, analyste de la banque privée suisse Lombard Odier.

La planète IA reste traumatisée par le recul de SpaceX (encore -13,61% mercredi) depuis la publication de ses résultats mardi. Les résultats sont bons, mais plombés par des dépenses massives dans l'IA qui découragent les investisseurs.

En Asie, Tokyo (-0,93%) et Séoul (-4,60%) ont de nouveau souffert de ces spéculations, inquiètes sur la future rentabilité de l'IA.

En Europe, la tech et l'IA influencent moins jeudi matin le moral des investisseurs que l'espoir d'un accord au Moyen-Orient et la baisse du pétrole ainsi que les bons résultats de l'économie et des entreprises.

A Paris, l'indice CAC 40 a battu un nouveau record en séance en enfonçant le seuil des 8.700 points (+0,60%) vers 08H00 GMT. Le CAC 40 a déjà battu cette semaine deux records à la fermeture, mardi et mercredi.

Le groupe de luxe Hermès (+3,88%) enregistrait à Paris la plus forte progression, à l'inverse du champion des semi-conducteurs STMicroelectronics (-1,72%), qui recule à chaque correction dans l'IA.

Madrid (+0,90%) a battu également un nouveau record, l'Espagne faisant figure de "moteur de la croissance européenne" d'après les analystes de SwissLife, avec +0,7% de croissance au deuxième trimestre.

Francfort (-0,17%) était tiraillée entre Deutsche Telekom (+5,51%) et les prises de bénéfices sur le titre de Siemens (-5,44%) ou encore la chute du spécialiste des petites annonces Scout24 (-6,28%).

Les commandes industrielles allemandes ont progressé en juin davantage qu'attendu, selon des chiffres provisoires publiés jeudi, tandis que les risques liés aux prix du pétrole et au faible niveau des fleuves restent une menace pour l'économie.

Milan (+0,78%) complétait le tableau de l'optimisme relatif en Europe.

Londres (+0,18%) attend les résultats du géant des alcools forts Diageo (Johnnie Walker, Smirnoff...). "Le FTSE 100 (principal indice de Londres, NDLR) atteint un plus haut sur un an, profitant d'un environnement favorable à la prise de risque. Cela rappelle que les récents mouvements haussiers des marchés boursiers mondiaux ne concernent pas uniquement la technologie", a souligné Kathleen Brooks, analyste de XTB.

Le pétrole stable

Les marchés mondiaux vivent tous dans l'espoir d'un accord Etats-Unis/Iran qui stabiliserait la volatilité du pétrole.

Vers 10h00, le baril de brut restait sous 80 dollars, mais remontait légèrement (+0,48% à 79,83 dollars pour le Brent de la mer du nord, +0,20% à 75,37 dollars pour le WTI américain).

"Les discussions autour d'une possible réouverture du détroit d'Ormuz restent le principal catalyseur macroéconomique, car elles pourraient réduire la prime énergétique et apaiser les craintes inflationnistes", a expliqué l'analyste John Plassard de Cité Gestion.

"Mais tant qu'un accord concret n'est pas signé, le marché avance avec un pied sur l'accélérateur et l'autre déjà posé sur le frein", a-t-il ajouté.

Les taux stables

La baisse des prix du pétrole ces derniers jours a dissipé les risques d'inflation "de second tour" généralisée à l'ensemble de l'économie, et donc d'un relèvement des taux d'intérêt par les marchés et les banques centrales.

"Les indices des prix des enquêtes auprès des directeurs d'achat du tertiaire traduisent un léger repli de la pression sur les prix, quoique moins marqué que dans l'industrie", relèvent les analystes de SwissLife pour la zone euro.

"C'est pourquoi nous maintenons notre scénario de référence: nous n'attendons toujours pas d'effets de second tour sensibles sur l'inflation dans la zone euro. L'inflation des services devrait certes rester élevée, mais pas au point d'inquiéter la Banque centrale européenne (BCE)", jugent-ils.

En attendant, les taux d'emprunts à dix ans restaient stables en Allemagne (3,11%) et remontaient légèrement en France (3,91% contre 3,90% la veille).

afp/rr