7. Jul 2026
Description
Paris (awp/afp) - Les Bourses européennes semblaient mieux armées mardi que Wall Street face au recul de la tech en Asie où le succès de Samsung Electronics a provoqué des prises de bénéfices massives.
Les contrats à terme sur les principaux indices de Wall Street laissaient présager une ouverture contrastée: le Nasdaq reculait (1,11%) tout comme le S&P 500 (-0,23%). Le Dow Jones devrait, lui, ouvrir en hausse (+0,27%).
Au premier jour de sa cotation au Nasdaq, SpaceX devrait subir une légère correction de sa valeur sur les marchés (-0,98%). La société d'Elon Musk (fusées, satellites) a fait une entrée tonitruante en Bourse le 12 juin.
Outre la hausse du pétrole, l'humeur des marchés était surtout sensible au décrochage de la Bourse de Séoul (-5%), plombée par Samsung Electronics (-6,92%).
Les investisseurs ont pris des bénéfices à l'annonce des résultats record de Samsung Electronics (puces).
"Le marché anticipe un certain ralentissement des taux de croissance" dans le secteur, observe Michael Wan, analyste de MUFG.
"Sur des marchés richement valorisés, être simplement en ligne avec les attentes ne suffit plus", développe Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. "Les entreprises doivent dépasser aussi le +chiffre officieux+ que murmure le marché. C'est l'une des caractéristiques classiques des marchés haussiers en phase terminale".
En Europe, l'avertissement parti de Séoul provoquait le recul des fabricants de semi-conducteurs: ASML -5,60% à Amsterdam, Infineon -6,51% à Francfort, STMicroelectronics -5,97% à Paris.
Tiré vers le bas par Infineon et Siemens Energy (-7,13%), l'indice de Francfort était le seul à accuser le coup (-0,67%).
Pour le reste, la plupart des bourses européennes se repliaient sur des valeurs sûres (consommation, industries...), selon le principe de la "rotation" des actifs en dehors du secteur de la tech et de l'IA, tout puissant mais volatil.
Vers 12h00 GMT, les investisseurs modéraient leurs prises de risques à Paris (+0,19%, contre +0,67% vers 09h00 GMT).
L'indice du CAC 40 a reculé puis s'est repris à l'annonce de la condamnation en appel de la cheffe de file de l'extrême droite française, Marine Le Pen, qui peut a priori tout de même être candidate à la présidentielle de 2027.
Les investisseurs français avaient déjà ralenti leur prise de risques quand le gouvernement avait annoncé qu'il abaissait ses prévisions de croissance pour 2026 de 0,9 à 0,7%.
A l'indice du CAC 40, les investisseurs plébiscitaient le champion de l'apéritif Pernod Ricard (+5,28%) qui effaçait ses pertes de la veille, suivi du leader de la grande distribution Carrefour (+3,97%) et du luxe (Kering +3,12% et L'Oréal + 3,02%).
Londres suivait la même tendance (+0,32%), également tirée par un champion de l'alcool (Diageo -Johnnie Walker, Guiness, Smirnoff- +3,75%) et une marque de luxe (Burberry +3,50%) .
"Nous n'avons pas de fabricants de puces, donc le FTSE 100 défie la morosité qui frappe la tech", observe un spécialiste de la City, Neil Wilson de la plate-forme d'investissement Saxo.
Légère remontée du pétrole
Le pétrole remontait légèrement après une nouvelle escarmouche dans la région du détroit d'Ormuz (un tanker a été atteint lundi par un projectile non identifié au large d'Oman, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO).
Vers 12h00 GMT, le baril de Brent, référence du brut, s'échangeait à 72,68 dollars (+0,96%), et le baril de WTI américain à 69,12 dollars (+0,83%).
"Les cours rebondissent légèrement, mais restent contenus par la perspective d'une offre plus abondante", observent les analystes d'Aurel BGC. "Les marchés surveillent désormais davantage la demande, notamment chinoise, jugée faible".
Petite remontée des taux d'emprunt
Sur le marché obligataire, les taux d'emprunt des Etats remontaient légèrement en Europe.
Le rendement du "Bund" allemand à dix ans affichait 2,97% contre moins de 2,95% la veille.
Son équivalent français remontait à quasiment 3,76% contre 3,73% la veille, alors que le gouvernement réunit le "comité d'alerte des finances publiques" sur la situation de la dette publique à 117% du PIB.
Membre "faucon" (favorable à une politique monétaire restrictive) du directoire de la Banque centrale européenne, l'Allemande Isabel Schnabel a prévenu que les chocs inflationnistes persistaient dans la zone euro, malgré la baisse des prix du pétrole.
afp/lf