Bell affiche un exercice 2025 fructueux

12. fév 2026

Description

Zurich (awp) - Bell ne constate aucun signe de baisse de la consommation de viande en Suisse. Pour preuve, les ventes de l'entreprise de boucherie et charcuterie industrielle ont performé au cours de l'exercice 2025, malgré un environnement concurrentiel.

Le chiffre d'affaires a atteint 4,9 milliards de francs, en hausse de 4,5% ajustées des taux de changes et des effets d'acquisition, selon le communiqué de la société bâloise paru jeudi. Le résultat opérationnel (Ebit) s'est de son côté amélioré de 2,8% à 171,5 millions sur un an. La marge afférente est restée à 3,5%.

Le bénéfice net de la filiale de Coop a avancé de 2,6% à 126,9 millions. Le conseil d'administration pourra proposer à ses actionnaires un dividende inchangé de 7,00 francs par action.

Les chiffres présentés dépassent les attentes du consensus AWP, dont les analystes tablaient sur des recettes nettes de 4,8 millions et un Ebit à 119,2 ou 115,0 millions.

La principale division, Bell Suisse, a vendu 137'000 tonnes de viande en 2025, soit près de 4000 tonnes de plus que l'année précédente, un nouveau record. "Nous ne constatons pas de passage à un régime alimentaire majoritairement végétarien dont on parle tant", a affirmé le directeur général Marco Tschanz jeudi devant les médias à Bâle.

Au contraire, la volaille et le boeuf sont particulièrement demandés. Par exemple, la division Hubers/Sütag, spécialisée dans la volaille, a enregistré une hausse de 13% de ses ventes l'an dernier, tandis que Bell Suisse a progressé de 5,5%.

Selon le patron de Bell, 95% des Suisses consomment régulièrement de la viande. "L'OCDE prévoit que la demande mondiale de produits d'origine animale continuera d'augmenter", a ajouté M. Tschanz.

Capacités atteignant leurs limites

La demande toujours élevée met les capacités de production à rude épreuve. La croissance ne peut être générée uniquement par la production locale. Sécuriser l'approvisionnement en matières premières devient donc primordial, a déclaré M. Tschanz. "L'accès aux matières premières devient un avantage concurrentiel décisif", a-t-il affirmé. Bell investit stratégiquement dans ce domaine, sans pour autant transiger sur le bien-être animal, selon lui.

Des pénuries pourraient également survenir en raison d'épizooties telles que la maladie de la langue bleue, la peste porcine africaine ou la dermatose nodulaire contagieuse. "Ces maladies nous préoccupent", a indiqué M. Tschanz. En collaboration avec d'autres acteurs du secteur en Suisse, l'entreprise se prépare à d'éventuelles épidémies.

Bien que Bell n'anticipe pas de baisse de la demande des consommateurs, certains marchés pourraient être temporairement fermés. L'entreprise a déjà augmenté ses stocks par mesure de précaution.

Demande de produits abordables

Le déclin du cheptel et les épizooties ont entraîné une hausse des coûts d'approvisionnement l'an dernier. Bell entend répercuter ces coûts plus élevés sur ses prix.

Dans le même temps, la conjoncture économique difficile a entraîné une hausse de la demande de produits moins chers, intensifiant ainsi la concurrence. Le patron de Bell reste toutefois optimiste. "Malgré toutes les incertitudes du marché, nous envisageons l'avenir avec confiance", a-t-il déclaré.

La direction s'attend à une situation économique et un moral des consommateurs instables en 2026, mais se dit "idéalement positionnée sur les plans stratégique et opérationnel en citant sa large gamme de produits couvrant toutes les catégories de prix. Un dividende stable est visé avec un taux de versement de 30% ciblé.

A moyen terme, Bell chiffre son volume d'investissement à environ 250 millions de francs par an.

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