22. jan 2026
Description
Berlin (awp/afp) - Le groupe BASF, poids lourd d'un secteur chimique allemand en grande difficulté, a fait état jeudi d'un bénéfice net annuel en hausse de 23%, mais d'un chiffre d'affaires en baisse en raison des "effets de change négatifs et des prix légèrement plus bas".
Le bénéfice d'exploitation (EBITDA), indicateur clé de performance du groupe, devrait s'élever hors éléments exceptionnels à 6,6 milliards d'euros, légèrement inférieur à la fourchette prévue par BASF, 6,7 à 7,1 milliards d'euros, indique un communiqué de résultats préliminaires.
Le numéro un mondial de la chimie publiera ses résultats complets pour 2025 le 27 février.
L'augmentation de son bénéfice net de 1,3 milliard en 2024 à 1,6 milliard d'euros en 2025, un chiffre supérieur aux prévisions des analystes (1,2), résulte "principalement" du transfert des activités pétrolières et gazières de sa filiale Wintershall Dea, fin 2024, à Harbour Energy, explique le groupe.
Le chiffre d'affaires devrait s'établir à 59,7 milliards d'euros, en baisse de près de 2,8% par rapport à 2024.
"Si les volumes ont légèrement augmenté en 2025, les effets de change négatifs et des prix légèrement plus bas ont pesé sur l'évolution du chiffre d'affaires", explique le groupe.
Ces effets de change négatifs, ainsi que "des marges plus faibles", expliquent aussi la baisse de l'EBITDA hors éléments exceptionnels, de l'ordre de 8,3%.
Le résultat opérationnel (EBIT) prévu est lui aussi en baisse, à 1,6 milliard contre 1,8, en raison de coûts de restructuration "nettement plus élevés" qu'en 2024, justifie BASF.
Pour maintenir sa compétitivité, BASF se recentre sur ses activités historiques et a débuté la cession d'unités moins rentables.
Il a notamment engagé la cession de la majorité de sa division de peintures et revêtements, de moins en moins rentable avec la crise du secteur automobile, au fonds américain Carlyle.
En Allemagne, le complexe de Ludwigshafen (ouest), site historique du groupe devenu le symbole d'une industrie souffrant de surcapacités face à la rude concurrence chinoise, est engagé dans une cure d'amincissement.
BASF dit avancer plus vite "que prévu" dans ses restructurations.
La cession de son activité brésilienne de peintures de bâtiments a permis de compenser "partiellement" ces "charges spéciales", toujours selon BASF.
Fournisseur de produits chimiques pour les secteurs de l'automobile, de l'agriculture et de la construction, BASF fait face à une profonde crise déclenchée par la guerre russe en Ukraine qui a interrompu les livraisons de gaz russe bon marché qui alimentaient l'industrie allemande.
Le premier chimiste mondial en termes de chiffre d'affaires mise de plus en plus sur le marché chinois pour contourner la crise du secteur en Europe, où la demande est faible et les prix de l'énergie élevés.
En novembre, BASF a démarré la production sur son nouveau site de Zhanjiang, dans le sud de la Chine, le plus haut investissement de l'histoire du groupe, à hauteur de 8,7 milliards d'euros.
afp/rp