Alcon met de côté un échec clinique et s'envole en Bourse

11. Aoû 2026

Description

Zurich (awp) - Le géant des lentilles de contacts et implants oculaires Alcon a en partie relevé sa feuille de route pour l'exercice en cours à l'issue du deuxième trimestre, malgré un coûteux échec clinique qui a plombé sa rentabilité.

Les ventes ont atteint 2,8 milliards de dollars, soit une hausse de 8% sur un an ou 7% à taux de change constants, a souligné Alcon dans un communiqué mardi soir, mettant en avant les gains de parts de marché dans les lentilles de contact. Sur le premier semestre, le chiffre d'affaires a totalisé 5,5 milliards (+9%), avec une hausse de ses divisions Surgical et Vision Care.

L'entreprise a versé 469 millions de dollars à ses actionnaires au cours du second trimestre dont 174 millions sous la forme de dividendes et 295 millions en rachats de d'actions.

Pour le directeur général David Endicott, ces résultats montrent que les nombreuses innovations lancées récemment commencent désormais à porter leurs fruits, a-t-il déclaré mardi lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes. La demande est notamment particulièrement forte pour le successeur de la lentille trifocale PanOptix, la PanOptix Pro.

La lentille n'étant autorisée en Europe que depuis relativement peu de temps, M. Endicott estime que les ventes dans cette région devraient encore accélérer au second semestre.

Le patron d'Alcon se montre également satisfait du lancement de la nouvelle plateforme chirurgicale Unity, destinée aux opérations ophtalmologiques. "Cette plateforme connaît un très bon démarrage et la demande reste forte", a-t-il assuré. M. Endicott s'attend à ce que la demande augmente au cours des premières années, avant de se stabiliser progressivement.

Charge de 402 millions de dollars

En revanche, le groupe genevo-texan a subi l'échec des programmes PowerVision qui a entraîné une charge nette hors trésorerie et avant impôts de 402 millions de dollars, soit environ 326 millions de francs.

Les résultats ont été affectés "par la décision de mettre fin aux programmes relatifs aux lentilles intraoculaires (LIO) acquis auprès de PowerVision, Inc. en mars 2019 à la suite des dernières données issues d'études cliniques". Alcon, alors filiale de Novartis, avait acquis la société américaine PowerVision pour 285 millions de dollars, auxquels devaient s'ajouter des paiements d'étapes à partir de 2023.

Les programmes PowerVision "n'ont pas donné lieu à des résultats cliniques acceptables chez les patients, en particulier en raison de résultats visuels postopératoires imprévisibles et persistants chez un sous-groupe de patients, problèmes qui n'ont pas pu être résolus en dépit de multiples efforts de développement", a souligné Alcon lundi soir.

Dans la foulée, le résultat d'exploitation s'est évaporé de 96% à 11 millions de dollars, contre 247 millions de dollars pour la même période de l'exercice précédent. La marge d'exploitation a reculé de 9,2 points de pourcentage (-9,3 pp à taux de change constant).

Le bénéfice par action dilué est ressorti nul (0,00 dollar), comparé aux 35 centimes d'un an plus tôt, en raison de la charge après impôts de 287 millions liée à l'arrêt de ces programmes.

Pour Sibylle Bischofberger de Vontobel, l'annonce de l'échec est une surprise. L'analyste se raccroche au fait que le groupe vient de nouer une collaboration avec le californien RxSight dans le domaine des implants intraoculaires.

A la Banque cantonale de Zurich (ZKB), Daniel Jelovcan préfère se concentrer sur la forte croissance et l'amélioration des marges ainsi que le relèvement des prévisions, quand certains investisseurs s'attendaient à un coup de rabot. Il juge le titre sous-évalué et recommande encore à "surpondérer".

Hors effets de change, la cadence de croissance en 2026 doit toujours s'inscrire dans un couloir de 5 à 7%. La marge opérationnelle (Ebit) ajustée doit gagner 90-190 (auparavant 70 à 170) points de base, par rapport aux 19,8% dégagé en 2025. Le bénéfice par action de base dilué doit désormais croître de 12-15% (10%-13% auparavant).

Les investisseurs, eux, voyaient le verre à moitié plein. A la clôture de la Bourse suisse, le titre a bondi de 4,7% à 61,06 francs à rebours d'un SMI en retrait de 0,40%.

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