Il y a 36 minutes
Description
Paris (awp/afp) - Air France et Lufthansa veulent renforcer leurs lignes long-courriers, en particulier vers l'Asie, alors que les plateformes de correspondance de leurs concurrentes du Golfe sont paralysées depuis une semaine par la guerre au Moyen-Orient.
Vendredi, la compagnie française a indiqué vouloir répondre "à la forte demande au départ de l'Asie à la suite d'annulations massives de vols des compagnies du Moyen-Orient", spécialisées dans les liaisons en correspondance.
Air France a précisé avoir déployé depuis mercredi "des avions de plus grande capacité sur ses vols au départ de Bangkok, Phuket, Singapour, Delhi, Bombay, Shanghai et Tokyo", dans une déclaration transmise à l'AFP.
De même source, "la compagnie ajoute également des vols supplémentaires au départ de Bangkok, Singapour et Delhi. Ces actions se poursuivront dans les prochains jours et les équipes d'Air France sont mobilisées pour les étendre à d'autres destinations".
L'annonce d'Air France a eu lieu dans la foulée de celle de son concurrent allemand Lufthansa, qui a révélé vendredi envisager davantage de liaisons directes vers l'Asie et l'Afrique.
Des augmentations de fréquences ou de nouvelles capacités sont prévues pour Singapour, Bangkok, Delhi et Shanghai, tandis que le groupe allemand a relancé des vols vers Kuala Lumpur (Malaisie), marquant un retour en Asie du Sud-Est après plusieurs années de réduction.
Malaysia Airlines a aussi programmé des vols supplémentaires entre Kuala Lumpur d'une part et Paris-Charles-de-Gaulle et Londres-Heathrow d'autre part d'ici à dimanche, "pour aider les passagers affectés par les perturbations en cours", selon un communiqué diffusé vendredi.
Les plateformes géantes du Golfe comme Dubaï et Doha, soutenues par les autorités locales, ont bâti leur modèle économique sur les passagers en correspondance, bénéficiant de leur position au carrefour des liaisons vers et depuis les Amériques, l'Europe, l'Asie et l'Océanie.
Ces aéroports sont gravement affectés par les attaques iraniennes sur des infrastructures civiles des pétromonarchies, en représailles à l'opération militaire israélo-américaine déclenchée le 28 février contre la République islamique.
Depuis le début des hostilités, le trafic aérien à l'arrivée ou entre pays du Moyen-Orient a été fortement réduit, selon un nouveau bilan vendredi soir du fournisseur de données aériennes Cirium, qui a recensé 50,6% de vols prévus annulés vendredi, après 57,4% la veille et plus de 60% entre dimanche et mercredi.
- Le Golfe, "talon d'Achille" dit Lufthansa -
Cirium, qui a estimé à 53,4% le taux de vols annulés depuis le 28 février au Moyen-Orient, avait auparavant évalué à 900.000 le nombre de sièges d'avions disponibles chaque jour dans la région, ce qui équivaudrait à quelque trois millions de passagers jusqu'ici privés de vol.
Dubaï, deuxième aéroport mondial en termes de passagers en 2025, fonctionne au ralenti, tandis que Doha, qui rivalise habituellement en fréquentation avec Francfort et Hong Kong, est resté fermé vendredi pour la septième journée consécutive.
"La forte concentration des flux de trafic mondiaux via les hubs du Golfe constitue un talon d'Achille géopolitique de plus en plus préoccupant", a jugé vendredi le président du directoire de Lufthansa, Carsten Spohr.
Emirates, compagnie emblématique de Dubaï, a toutefois indiqué vendredi qu'elle prévoyait d'assurer d'ici à samedi "106 vols aller-retour quotidiens vers 83 destinations, soit près de 60% de son réseau de lignes", après avoir transporté jeudi "environ 30.000 passagers" au départ de l'émirat.
Air France-KLM et Lufthansa, entre autres, se sont plaintes ces dernières années d'une concurrence déséquilibrée avec leurs concurrentes du Golfe qui ont conquis des parts de marché considérables sur long-courrier.
Et alors que des passagers bloqués en Asie ont noté la cherté des billets proposés, Air France a souligné que "dans le contexte de réductions et d'annulations de vols de plusieurs compagnies du Moyen-Orient, nos propres vols depuis certaines destinations sont complets ou très demandés".
"Quand les places en cabine Economy sont épuisées, le système de réservation peut proposer des places en cabine Business ou La Première, ou des itinéraires via des compagnies partenaires avec plusieurs escales, avec des tarifs pouvant être plus élevés", a remarqué le transporteur français.
Vendredi, le ministre français des Transports Philippe Tabarot a souligné sur X que "le gouvernement poursuit les opérations de rapatriement, en priorité pour les personnes vulnérables, avec plusieurs vols prévus ce week-end, et a demandé aux compagnies aériennes d'augmenter leur capacité lorsque cela est possible".
Selon lui, les compagnies du Golfe renforcent également leurs liaisons vers la France, avec plusieurs vols par jour".
afp/rp