Prévoyance

Ne regardez pas votre fortune diminuer sans rien faire

Mettre suffisamment de côté pour l’après-retraite devient de plus en plus crucial, et de plus en plus difficile. À quoi devez-vous veiller aujourd’hui?

Benoît Théodoloz

Responsable de succursale

Plusieurs facteurs menacent notre épargne et nos rentes. C’est préoccupant. Que peuvent faire les épargnants pour protéger leur patrimoine? Voici les principaux points de repère:

1) Calculer les prestations de rentes

Le cocktail toxique des taux bas, de l’espérance de vie en hausse, de l’âge fixe de la retraite et des rentes excessives débouche sur une baisse continue des taux de conversion par les caisses de pension. Autrement dit, les futurs retraités recevront moins que ceux d’aujourd’hui. Quiconque souhaite maintenir son train de vie, doit donc épargner de plus en plus.

Un exemple: si le taux de conversion diminue de 6 à 4,75% (ce qui est déjà le cas chez quelques caisses de pension), un homme de 50 ans devra économiser chaque année 9130 francs de plus pour conserver à partir de 65 ans le niveau de sa rente dans la caisse de pension (tableau).

De plus, quiconque perçoit son avoir sous forme de rente doit s’attendre à ce que la rente perde de la valeur au fil des ans. Ces quinze dernières années en effet, rares sont les caisses de pension à avoir compensé l’inflation.

Conseil: de plus en plus d’actifs prévoient de toucher au moins une partie de leur avoir. Ce faisant, ils acquittent en général moins d’impôts et conservent une souplesse financière. En revanche, ils doivent placer leur argent eux-mêmes et le dépenser avec précaution. Or parfois, les choses tournent mal. Donc ne jouez pas les apprentis sorciers. Établissez un plan financier avec un spécialiste et faites calculer le rendement dont vous avez besoin pour vivre suffisamment longtemps de votre patrimoine. Soupesez soigneusement les chances et les risques d’un versement en capital.

2) Ménager son budget

Nulle part ailleurs les banques ne gagnent autant avec les clients privés qu’en Suisse. Elles répercutent de plus en plus les taux négatifs sur les épargnants ; même les petits avoirs ne sont pas épargnés. Pour sauver leurs marges de l’érosion, beaucoup de banques ont augmenté les frais de compte et de dépôt. De surcroît, elles recommandent de préférence les hypothèques à taux fixe car elles y gagnent le plus – or, ces hypothèques sont presque toujours les plus chères pour les clients.

Fiche technique

Protégez votre épargne des pertes insidieuses

Cette fiche technique vous montre ce que vous pouvez faire pour protéger votre fortune et mettre plus d’argent de côté en vue de votre retraite.

Conseil: primes, frais et taux hypothécaires inutilement élevés grignotent une part croissante des économies. Donc n’hésitez pas à faire le petit effort de changer pour un prestataire moins cher. Une comparaison le montre: un couple peut ainsi, année après année, économiser 9298 francs (tableau).
Avec cette économie, on compense en bonne partie les baisses futures des rentes, telles que présentées dans l’exemple plus haut.

3) Bien prendre l’inflation en compte

L’inflation est beaucoup plus faible chez nous qu’à l’étranger. Néanmoins, il ne faut pas la sous-estimer. Car si l’inflation dépasse le taux d’intérêt, le pouvoir d’achat diminue. Prenons un exemple: à raison d’une inflation de 1,5%, le pouvoir d’achat d’un avoir de 200’000 francs se contracte en dix ans de 28’000 francs; en 20 ans, la dépréciation correspond à près de 52’000 francs.

Conseil: un compte d’épargne est une opération à perte. Les épargnants doivent aujourd’hui prendre davantage de risques. Investissez une partie de vos économies dans des ETF en actions ou des fonds indiciels bon marché, en utilisant aussi ces placements pour votre pilier 3a. À noter aussi: les dividendes aident à obtenir un rendement confortable. Les entreprises suisses, notamment, distribuent une part substantielle de leurs bénéfices.

4) Planifier sa fiscalité

Si l’on ajoute à l’inflation les impôts sur le revenu et les prestations en capital, il reste encore moins pour vivre. Et si l’on inclut encore l’impôt sur la fortune, le patrimoine diminue dangereusement. Il vaut donc la peine de planifier sa fiscalité avec soin. Bien des gens se rendent compte, trop tard, des économies qu’ils auraient pu réaliser.

Un exemple: quiconque retire de l’argent de la caisse de pension et du pilier 3a, acquitte un impôt sur les prestations en capital. Pour le calcul de cet impôt, on additionne tous les retraits d’une année, y compris, dans la plupart des cantons, ceux du conjoint. Plus ces retraits sont importants, plus le taux d’impôt est élevé.

Conseil: vous pouvez abaisser nettement les impôts sur le revenu et les prestations en capital en constituant, jusqu’à 64 ou 65 ans, plusieurs cagnottes fiscalement avantageuses: cotisez volontairement à la caisse de pension si vous en avez les moyens et ne manquez aucun versement dans le pilier 3a. Puis videz ces cagnottes de manière échelonnée aux alentours de la retraite. Et choisissez des placements fiscalement intéressants. À la différence des taux d’intérêt, les gains de cours sont exonérés d’impôt. D’où l’attrait des placements générant des plus-values au lieu de revenus d’intérêt.

Vous souhaitez protéger votre épargne à long terme? Commandez la fiche technique sans frais pour obtenir de précieux conseils. Ou parlez-en à un expert auprès de la succursale VZ la plus proche de chez vous.