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Newsletter du 14 mai 2020

Compte rendu bimensuel détaillé de nos experts sur les derniers développements des marchés financiers et prévisions pour les prochaines semaines.

Les thèmes de cette édition:

Actualité des bourses et des marchés

Le taux de chômage explose aux États-Unis: comme c’est le cas dans de nombreuses autres parties du monde, l’économie américaine est en état d’urgence. La crise due au coronavirus a mis brusquement fin à la forte expansion du marché du travail américain observée depuis plusieurs années, déclenchant un chômage massif. Selon l’annonce du gouvernement américain, le taux de chômage s’est hissé à 14,7% en avril, atteignant son plus haut niveau enregistré depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (voir graphique). Avant la pandémie, les États-Unis étaient proches du plein emploi. Rien qu’en avril, 20,5 millions d’emplois ont été supprimés. Depuis le 21 mars, lorsque les conséquences de la propagation du virus sont devenues visibles sur le marché du travail américain, plus de 33 millions de personnes ont déposé une demande d’allocation chômage. Ces suppressions de postes fulgurantes s’expliquent par la façon dont les entreprises américaines réagissent aux crises: les salariés sont immédiatement licenciés. Néanmoins, lorsque l’économie redémarre, ils sont réembauchés aussi rapidement qu’ils ont été remerciés. Il y a donc un espoir que le déconfinement qui vient d’être décidé dans certains États s’accompagne bientôt d’un nombre record de créations d’emplois.

Envolée du taux de chômage aux États-Unis
Le nombre de chômeurs est monté en flèche aux États-Unis. En avril, le taux de chômage a atteint son plus haut niveau depuis la seconde guerre mondiale.
Envolée du taux de chômage aux États-Unis

Source: Bloomberg

La production allemande a considérablement baissé en mars: le ralentissement du circuit économique dû à la crise du coronavirus se fait de plus en plus sentir. Selon les informations de l’Office allemand de la statistique, la production a chuté de 9,2% entre février et mars dans les entreprises industrielles, autrement dit dans l’industrie manufacturière. Il s’agit du recul le plus important depuis le début de la série chronologique commencée en janvier 1991. Cette évolution est notamment imputable à l’industrie automobile, qui affiche une baisse de près d’un tiers de sa production. D’autres secteurs ne sont pas épargnés: dans l’industrie graphique et l’industrie de l’habillement mais aussi chez les fabricants de produits pharmaceutiques et de biens d’équipement, le fléchissement de la production atteint un pourcentage à deux chiffres. Seule la construction enregistre une légère hausse. Les chiffres du mois d’avril ne sont certes pas encore disponibles, mais comme l’économie n’a été plongée dans le coma artificiel que dans la deuxième quinzaine du mois de mars, les analystes tablent sur une chute encore plus marquée.

La Commission européenne s’attend au choc le plus violent depuis la Grande Dépression: la crise du coronavirus fait faire un grand bond en arrière à l’économie. D’après les prévisions économiques de printemps de la Commission européenne, il s’agit d’un choc sans précédent depuis la Grande Dépression des années 1930. Concrètement, l’institution européenne anticipe pour 2020 un recul du PIB de 7,7% dans les 19 pays de la zone euro et de 7,4% pour les 27 États membres de l’Union européenne. Elle indique que si le choc dû à la pandémie concerne tous les États de l’UE, la baisse de la performance économique varie toutefois d’un État à l’autre: entre 4% environ pour la Pologne et près de 10% pour la Grèce. La reprise en 2021 devrait également prendre des tours différents selon les pays et ne réussira probablement pas à compenser les pertes. La Commission européenne précise que ses prévisions sont entachées d’une incertitude exceptionnellement élevée. Elles reposent sur un scénario supposant que les blocages dus à la pandémie seront progressivement levés à partir de mai. Si la pandémie devait s’avérer plus grave et plus longue que prévu, cela pourrait entraîner une baisse de la performance économique encore plus importante.