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Newsletter du 21 novembre 2019

Compte rendu bimensuel détaillé de nos experts sur les derniers développements des marchés financiers et prévisions pour les prochaines semaines.

Les thèmes de cette édition:

Situation actuelle

Les nouvelles en provenance de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) sont toujours aussi moroses. Selon Swissmem, l’association faîtière des entreprises de l’industrie MEM, les entrées de commandes ont diminué de près de 15%, au troisième trimestre, en glissement annuel. Il s’agit du cinquième recul trimestriel d’affilée pour la branche. Swissmem souligne que cette baisse est presque totalement imputable aux commandes à l’étranger, qui représentent près de 80% du volume. Le recul des commandes a un impact croissant sur l’évolution du chiffre d’affaires. Au troisième trimestre, le recul était de 7,4%. Pour l’heure, cette évolution négative n’a pas eu d’impact en termes d’emplois: on recense 5000 postes de plus au premier semestre, ce qui porte le nombre de collaborateurs à 325'500.

Dans la zone euro, l’inflation est tombée à son niveau le plus bas depuis trois ans. Eurostat a indiqué que les prix à la consommation avaient progressé de 0,7% en moyenne entre octobre 2018 et octobre 2019. En septembre, le faible taux d’inflation avait incité la Banque centrale européenne à assouplir sa politique monétaire déjà très expansive. Cette mesure vise à stimuler non seulement l’inflation, mais aussi la croissance économique en berne.

Aux États-Unis, la production industrielle a nettement reculé au mois d’octobre. Ce repli, le deuxième d’affilée, est d’une ampleur inattendue. Selon la Réserve fédérale américaine, la production industrielle totale a cédé 0,8% par rapport à septembre. C’est la baisse la plus marquée depuis près d’un an et demi. Les analystes s’attendaient certes à un repli, mais ils l’estimaient à seulement 0,4%. La grève chez le constructeur automobile General Motors a vraisemblablement favorisé cette évolution. Toujours est-il que la production automobile a fortement reculé.

L’économie chinoise continue de donner des signes de faiblesse. En octobre, la production industrielle du pays a certes augmenté de 4,7% en glissement annuel, comme l’a annoncé le gouvernement, mais ce chiffre est en-deçà des prévisions des analystes. En septembre, la production industrielle affichait encore une hausse de 5,8%. Le commerce de détail déçoit lui aussi les attentes, avec un chiffre d’affaires en hausse de 7,2% sur un an. Les investissements corporels, un indicateur important de la manière dont les dirigeants évaluent l’évolution économique future, ont augmenté de seulement 5,2% entre janvier et fin octobre. Jamais ce taux n’avait été aussi faible depuis plus de 20 ans.

Au Japon, les conséquences des conflits commerciaux et du ralentissement de la conjoncture mondiale sont de plus en plus dramatiques. En octobre, les exportations ont reculé pour la onzième fois de suite. À -9,2%, le dernier décrochage a été bien plus important que les précédents et supérieur aux prévisions des analystes. En outre, il s’agissait du plus fort recul depuis trois ans.

L’Allemagne échappe de peu à la récession

La plus grande économie d’Europe s’achemine-t-elle vers une récession? Cette question a préoccupé de nombreux économistes et analystes ces derniers mois. La plupart se montraient peu optimistes, étant donné les problèmes engendrés par les conflits commerciaux et les difficultés de l’industrie mécanique et automobile, qui contribue grandement à la croissance de l’économie allemande.

Il n’y a pas lieu, toutefois, de s’alarmer outre mesure: pendant la période estivale, l’économie allemande a progressé, bien que très faiblement.

Selon les résultats provisoires de l’office allemand de la statistique, le PIB du pays a augmenté de 0,1% entre le deuxième et le troisième trimestre (cf. graphique). Ce sursaut fait suite à un recul de 0,2% au deuxième trimestre et à une hausse de 0,5% au premier trimestre.

Cette progression a été alimentée principalement par la consommation des ménages. En effet, en Allemagne, beaucoup d’actifs ont un emploi et donc un revenu: selon l’Agence fédérale pour l’emploi, le nombre de travailleurs soumis aux assurances sociales bat des records. Le taux de chômage reste stable à 4,8%, soit son plus bas niveau depuis la réunification. Le secteur de la construction émet également des signaux positifs.

La tendance à la hausse des salaires fixés par convention collective devrait continuer de doper la consommation, tandis que les taux bas devraient prolonger le boom que connaît actuellement le secteur.

Ces derniers mois, les prévisions de croissance du PIB pour 2019 avaient été abaissées à maintes reprises. À présent, on attend une croissance d’environ 0,5%, contre 1,5% en 2018.

En Suisse, les chiffres du PIB pour le troisième trimestre seront rendus publics le 28 novembre par le Secrétariat d’État à l’économie. Au deuxième trimestre 2019, le PIB avait progressé de 0,3% et au premier trimestre, de 0,4%.

Conclusion: L’Allemagne a échappé de justesse à ce que l’on appelle la "récession technique". Les économistes emploient ce terme lorsque le PIB évolue négativement deux trimestres d’affilée. Tant que les incertitudes liées aux conflits commerciaux et au risque de Brexit sans accord subsisteront, elles freineront la croissance, car l’industrie allemande est très axée sur l’exportation.

L’économie allemande renoue avec la croissance
Le PIB de l’Allemagne a progressé de 0,1% au troisième trimestre.
L’économie allemande renoue avec la croissance

Source: office allemand de la statistique

À suivre

Le président de la Fed confirme l’éventualité d’une pause dans la politique de taux: Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, a confirmé qu’il envisageait une pause dans sa politique de baisse des taux aux États-Unis. "La politique monétaire actuelle devrait rester appropriée" a-t-il expliqué au Congrès la semaine dernière. Selon lui, il en sera ainsi tant que l’évolution conjoncturelle sera globalement conforme aux prévisions, à savoir une croissance toujours modérée, un marché du travail robuste et une inflation proche du taux cible de 2%. Fin octobre, la Fed avait abaissé la marge de fluctuation du taux directeur de 0,25 point de pourcentage à 1,5-1,75%. C’est la dernière baisse en date et la troisième d’affilée en 2019.

Demande de pétrole en perte de vitesse: L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une forte baisse de la croissance de la demande de pétrole en raison du développement des véhicules électriques et économes en énergie. Elle précise toutefois dans son rapport annuel que ce recul devrait se faire sentir seulement à l’horizon 2030. Ces cinq prochaines années, la croissance de la demande ne devrait pas perdre de sa vigueur.