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Newsletter du 7 novembre 2019

Compte rendu bimensuel détaillé de nos experts sur les derniers développements des marchés financiers et prévisions pour les prochaines semaines.

Les thèmes de cette édition:

Situation actuelle

Dans la zone euro, la conjoncture reste morose. L’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat) a certes fait état d’une hausse du produit intérieur brut de 0,2% au troisième trimestre, mais cette progression est très modeste comparée aux données historiques. Quoi qu’il en soit, le rythme de croissance du deuxième trimestre a pu être maintenu en dépit des incertitudes liées au Brexit et des conflits commerciaux, ce qui a surpris certains analystes. Pour l’heure, la faiblesse de la conjoncture n’a pas de répercussions sur le marché du travail. Au mois de septembre, le taux de chômage dans la zone euro est resté stable à 7,5%, son niveau le plus bas depuis l’été 2008.

L’économie américaine se montre plus dynamique. Selon les statistiques du département du Commerce américain, sa croissance au troisième trimestre, extrapolée sur l’ensemble de l’année 2019, atteint 1,9%. C’est à peine moins que les 2,0% enregistrés au deuxième trimestre. Aux États-Unis, les chiffres de la croissance sont extra-polés sur l’année entière. Ainsi, ils indiquent quel serait le rythme de croissance de l’économie si le taux de croissance enregistré était maintenu sur l’ensemble de l’année. Cette méthode n’étant pas utilisée en Europe, les chiffres de la croissance pour la zone euro ne peuvent pas être di-rectement comparés avec ceux des États-Unis.

Le marché du travail américain émet également des signaux positifs. En octobre, on a recensé 128'000 créations d’emplois hors agriculture, un chiffre nettement supérieur aux prévisions des analystes. La grève chez le constructeur automobile General Motors n’aura donc pas eu de conséquences radicales sur le marché du travail américain. Les 42'000 grévistes étant comptabilisés comme chômeurs, le mouvement a certes alourdi les statistiques, mais les créations d’emploi dans d’autres secteurs ont été plus importantes. De plus, au cours des deux mois précédents, la progression de l’emploi s’est révélée bien plus importante qu’estimé jusque-là.

En Chine, le moral des PME industrielles s’est amélioré, contre toute attente. L’indice des directeurs d’achat du magazine économique Caixin pour l’industrie manufacturière a gagné 0,3 point à 51,7 points en octobre, atteignant son niveau le plus élevé depuis plus de deux ans. Cet indice, qui se concentre sur les petites et moyennes entreprises, se situe depuis déjà trois mois au-dessus de la barre des 50 points, indiquant une croissance. Par contre, l’indicateur de sentiment publié par l’État, axé sur les entreprises industrielles étatiques et de grande taille, demeure en terrain négatif. Il se situe encore en dessous du seuil de croissance. En octobre, il a cédé -0,5 point pour ressortir à 49,3 points.

Légère amélioration des perspectives conjoncturelles en Suisse

En Suisse, d’importants indicateurs conjoncturels laissent espérer une reprise de l’économie, qui dernièrement manquait de dynamisme. 

Le moral des entreprises industrielles s’est récemment amélioré, créant la surprise. L’indice des directeurs d’achat (PMI) élaboré par Credit Suisse et l’association professionnelle Procure a bondi de 4,9 points à 49,4 points en octobre, se rapprochant de nouveau du seuil de croissance des 50 points.

Deux composantes de l’indice, les volumes de commandes et la production, ont connu une évolution particulièrement positive. Les commandes ont gagné 8 points à 49,2 points, tandis que la production a progressé de 5,5 points, à 50,4 points. Ces deux valeurs sont donc en nette progression, alors qu’en juillet, elles étaient encore au plus bas.

Le baromètre du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPF de Zurich (KOF) affiche une légère reprise (+1,6 point à 94,7 points) pour le mois d’octobre. Cette hausse est due aux indicateurs des secteurs de la banque, des assurances et de l’hôtellerie. Malgré cette évolution encourageante, le baromètre du KOF demeure en dessous de sa moyenne à long terme.

Le PMI et le baromètre du KOF sont considérés comme les indicateurs précoces les plus importants pour l’économie suisse.

Nous saurons vraiment comment se porte l’économie suisse lorsque les chiffres du PIB pour le troisième trimestre seront publiés par l’Office fédéral de la statistique, le 28 novembre prochain.

Conclusion: en Suisse, les perspectives conjoncturelles jusqu’ici négatives semblent s’éclaircir quelque peu. Le secteur de la construction, en particulier, profite de l’environnement de taux négatifs. La demande étrangère s’inscrit en légère hausse par rapport au mois précédent, une reprise due principalement à l’industrie chimique et pharmaceutique. Ce sont surtout les PME qui bénéficient de cette embellie conjoncturelle.

Assiste-t-on à un revirement de tendance?
Tant l’indice des directeurs d’achat que le baromètre conjoncturel du KOF s’inscrivaient à la hausse au mois d’octobre.
Assiste-t-on à un revirement de tendance?

Source: procure.ch, CS, KOF

À suivre

Nouveau geste de défiance de l’Iran: l’Iran prévoit un nouveau retrait partiel de l’accord international sur le nucléaire, qui vise à empêcher la production d’armes nucléaires dans la République islamique. Selon les médias, le pays aurait démarré des centrifugeuses, jusqu’ici inactives, pour produire de l’uranium enrichi. Les mesures annoncées ont suscité l’inquiétude de la communauté internationale et pourraient mettre en péril cet accord, qui vise à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire tout en lui permettant d’autres utilisations non problématiques de l’énergie atomique. En mai 2018, les États-Unis avaient dénoncé l’accord unilatéralement. Par leurs sanctions et leur politique de "pression maximale", les États-Unis entendent contraindre l’Iran à accepter les termes d’un nouvel accord plus strict et à ne plus soutenir les groupes terroristes dans la région. Les sanctions imposées jusqu’ici ont durement touché les activités pétrolières et gazières du pays, le plongeant dans une crise économique. En réaction, l’Iran se délie toujours plus de ses obligations dans le cadre de cet accord.

Changement à la tête de la BCE: la Banque centrale européenne (BCE) est à l’aube d’une nouvelle ère. Vendredi dernier, la Française Christine Lagarde a pris la présidence de la BCE. Juriste de formation, elle a été ministre de l’Économie et des Finances et directrice du Fonds monétaire international. Elle a succédé à Mario Draghi, arrivé au terme de son mandat de 8 ans le 31 octobre. Christine Lagarde, avait déjà laissé entendre qu’elle était favorable à une poursuite de la politique monétaire ultra accommodante de la BCE. Elle a toutefois annoncé son intention de surveiller de plus près les possibles effets négatifs de cette orientation.