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Newsletter du 12 septembre 2019

Compte rendu bimensuel détaillé de nos experts sur les derniers développements des marchés financiers et prévisions pour les prochaines semaines.

Les thèmes de cette édition:

Situation actuelle

L’économie suisse ne peut guère se soustraire à l’environnement international difficile. Comme on pouvait s’y attendre, la croissance du produit intérieur brut (PIB) a ralenti au deuxième trimestre. Selon le Secrétariat d’État à l’économie (Seco), le PIB a progressé de 0,3% par rapport au trimestre précédent. Cette croissance a été tirée principalement par le secteur secondaire, ce qui est étonnant quand on sait qu’à l’échelle européenne, l’industrie est en forte perte de vitesse. En Suisse, une fois de plus, l’évolution robuste de l’industrie chimique et pharmaceutique a eu un impact positif sur le PIB. Au premier trimestre, la croissance a pourtant marqué le pas. Le Seco a abaissé sa statistique de croissance du PIB de 0,6 à 0,4 point, ce qui indique clairement un ralentissement.

L’industrie allemande est toujours dans la tourmente. Selon l’office allemand de la statistique, le volume des commandes était en repli de 5,6% en juillet sur un an. La décélération s’est donc accentuée par rapport à juin et a été plus marquée que les prévisions des experts. La production était également en berne au mois de juillet, avec un recul de 0,6% par rapport à juin. Il s’agit de la deuxième baisse d’affilée.

Dans la zone euro, le moral des investisseurs est reparti à la hausse en septembre après trois reculs successifs. L’indicateur conjoncturel de l’institut de recherche économique Sentix a progressé de 2,6 points à -11,1 points. En août, il était tombé à son niveau le plus bas depuis octobre 2014. Cet indice est basé sur un sondage réalisé auprès de 922 investisseurs professionnels européens.

L’industrie américaine, jusqu’ici en meilleure forme que son homologue européenne, commence à donner des signes de faiblesse. En août, l’indice des directeurs d’achat de l’Institute for Supply Management (ISM) a perdu 2,1 points à 49,1 points. Non seulement c’est son plus bas niveau depuis janvier 2016, mais c’est également une valeur inférieure à 50 points, signe d’une expansion économique à l’arrêt. Or, l’indice de l’ISM est considéré comme un indicateur avancé fiable de l’activité économique aux États-Unis. Il est vrai que l’industrie américaine représente une part de l’économie beaucoup moins importante que le secteur tertiaire, qui affiche pour sa part une valeur nettement supérieure à 50 points. Toutefois, il ne faut pas oublier que l’activité de nombreux prestataires de services dépend de la santé du secteur industriel.

Le marché du travail américain: plein emploi ou premiers signes de faiblesse?

En août, le marché du travail américain a quelque peu déçu les attentes des économistes. Dans l’ensemble, la situation peut néanmoins encore être qualifiée de solide.

Comme l’a annoncé le département du travail américain, le taux de chômage est resté faible, s’établissant de nouveau à 3,7% au mois d’août. En avril et mai, il était de 3,6%, soit son plus bas niveau depuis un demi-siècle. Le taux de participation a même légèrement progressé.

En août, 130'000 emplois ont été créés alors qu’on en attendait en moyenne 160'000. De plus, pour les mois de juin et juillet, les créations d’emplois se sont révélées plus faibles que prévu.

Cette perte de vitesse pourrait être annonciatrice d’une dégradation, surtout si l’on tient compte de l’évolution des mois précédents (cf. graphique).

Dans une telle situation, il est essentiel de savoir si la baisse récente est due au fait que l’économie américaine a atteint le plein emploi ou au fait qu’elle est en perte de vitesse, ce qui pousse les entreprises à moins embaucher.

Dans une économie qui a quasiment atteint le plein emploi, le rythme des créations d’emploi ralentit. Le faible taux de chômage et la progression du taux de participation sont plutôt à interpréter comme de premiers signes de plein emploi que comme des signes de faiblesse. Cette hypothèse est étayée par le fait que la progression des salaires horaires moyens s’est récemment accélérée.

Mais pour avoir la certitude que l’économie américaine a atteint le plein emploi, il faudra attendre plusieurs mois, voire plusieurs trimestres. En effet, le plein emploi se traduit généralement par une hausse de l’inflation due à une augmentation du coût du travail.

Créations d’emplois aux États-Unis
L’économie américaine a continué à créer des emplois, même si la dynamique s’est un peu affaiblie dernièrement.
Créations d’emplois aux États-Unis

Source: Bureau of Labor Statistics; emplois hors agriculture

À suivre

Réduction du déficit commercial des États-Unis: le déficit de la balance commerciale des États-Unis a conti-nué de diminuer au mois de juillet. Selon le département du Commerce américain, il a reculé de 1,5 milliard USD à -54 milliards USD. À titre de comparaison: pour l’année 2018, la moyenne mensuelle s’établissait à 53 milliards USD et pour 2017, à 46 milliards USD. C’est avec la Chine que le déficit commercial des États-Unis est le plus important, même si en juillet, il a diminué de 0,5 milliard USD pour s’établir à 29,6 milliards USD. Cette situation est dérangeante pour Donald Trump, qui souhaite rééquilibrer les échanges commerciaux du pays.

La banque centrale chinoise assouplit sa politique monétaire: afin de contrer le ralentissement économique, la banque centrale chinoise assouplit sa politique monétaire en plein conflit commercial avec les États-Unis. Dans cette optique, elle va abaisser le taux de réserves obligatoires de 0,5 point de pourcentage à 13%. Pour certaines banques, le taux sera même réduit de 1% au total en deux étapes. Le taux de réserves obligatoires est le pourcentage des encours de dépôts que les banques chinoises doivent déposer auprès de la banque centrale. Plus ce taux est bas, plus les banques peuvent octroyer de crédits pour la consommation et l’investissement. Il est abaissé pour la troisième fois cette année.

La banque centrale suédoise prend le contrepied de ses homologues: contrairement à de nombreuses autres banques centrales, la banque nationale suédoise a confirmé son intention de relever prochainement son taux directeur. Elle a en effet annoncé cette mesure pour la fin de l’année ou le début de l’année prochaine. Pour l’heure, le taux directeur s’établit à -0,25 %. Il n’est toutefois pas certain qu’elle passe à l’acte si la BCE annonce des mesures de stimulus monétaire de grande ampleur à l’issue de sa réunion d’aujourd’hui. En pareil cas, l’euro devrait se déprécier et la couronne suédoise s’apprécier, ce qui pénaliserait beaucoup les exportations suédoises. Comme la Banque nationale suisse, la banque centrale suédoise dépend fortement de la politique monétaire dans la zone euro.