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Newsletter du 19 juin 2019

Compte rendu bimensuel détaillé de nos experts sur les derniers développements des marchés financiers et prévisions pour les prochaines semaines.

Les thèmes de cette édition:

Situation actuelle

Les économistes du Secrétariat d’État à l’économie (Seco) ont légèrement relevé leurs prévisions de croissance pour l’économie Suisse. Le Seco table à présent sur une croissance de 1,2%, alors qu’en mars, il avait établi son pronostic à 1,1%. Selon lui, l’économie mondiale et l’économie suisse ont nettement progressé au premier trimestre 2019, mais les perspectives restent modérées et les incertitudes importantes. Pour 2020, le Seco continue de tabler sur une croissance économique de 1,7%. Le baromètre conjoncturel KOF de l’EPF Zurich aboutit à la même conclusion à l’issue de son enquête trimestrielle menée auprès de 20 économistes. Pour l’année en cours, le Consensus Forecast du KOF prévoit une croissance de 1,3% (contre une prévision de 1,2% précédemment).  Pour l’année 2020, les économistes continuent d’escompter une légère accélération de la conjoncture et une croissance de 1,5%.

En Allemagne, contre toute attente, les analystes ont fortement abaissé leurs prévisions conjoncturelles en juin. L’indicateur du Zentrum für Europäische Wirtschaftsforschung (ZEW) a ainsi perdu 19 points pour s’établir à -21,1 points, reculant pour la deuxième fois d’affilée. Le ZEW explique cette forte baisse notamment par le durcissement du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine.

Aux États-Unis, l’inflation a davantage reculé que prévu au mois de mai. Comme l’a annoncé le département du travail américain, les prix à la consommation ont gagné 1,8% par rapport au même mois l’année dernière. Le mois précédent, elle atteignait encore 2,0%. Le léger recul actuel de l’inflation n’empêcherait nullement la Banque centrale d’assouplir sa politique monétaire. Les marchés sont d’ailleurs à présent dans l’attente d’une telle mesure.

Au Japon, le commerce extérieur continue de peser sur l’économie. D’après le gouvernement, les exportations ont reculé pour la sixième fois d’affilée en mai. Elles sont en repli de 7,8% par rapport à mai 2018. Les exportations vers la Chine ont baissé de 9,7% et celles vers l’Europe, de 7,1%. L’économie nippone, fortement axée sur les exportations, est particulièrement affectée par le ralentissement de l’économie mondiale. Celui-ci s’explique, pour l’essentiel, par le climat d’inquiétude dû à la politique offensive des États-Unis en matière de commerce extérieur.

Les industries chinoise et européenne sous pression

Dans les grandes régions économiques que sont les États-Unis, la Chine et la zone euro, la production industrielle évolue de manière contrastée (cf. graphique).

Aux États-Unis, au mois de mai, la production industrielle a affiché une hausse surprenante. La Réserve fédérale américaine, qui dresse les statistiques, a annoncé une progression de 2,1% sur un an. De plus, le recul enregistré au mois d’avril a finalement été moins marqué que prévu.

En Chine, par contre, la production bat de l’aile, alimentant les craintes, déjà bien présentes, d’un ralentissement conjoncturel. Selon les données officielles, les entreprises n’ont accru leur production que de 5% au mois de mai, chiffre assez modeste pour un pays émergent. Pour la Chine, c’est la croissance la plus faible depuis dix-sept ans. Cette baisse de régime est due au conflit commercial avec les États-Unis, qui s’est dernièrement aggravé après que les deux parties ont annoncé de nouvelles taxes à l’importation et des obstacles non-tarifaires au commerce.

Dans la zone euro, la production industrielle est également en berne. Selon Eurostat, la valeur d’avril – les données de mai seront publiées seulement le 12 juillet – a été une fois de plus négative, à -0,4%, après une valeur négative et revue à la baisse pour le mois de mars. La phase de repli de la production industrielle dans la zone euro ne semble donc pas encore terminée.

Conclusion: mis à rude épreuve par les nouvelles taxes douanières, le secteur industriel chinois n’en conserve pas moins sa position devant les États-Unis et l’Europe. La faiblesse persistante de la dynamique industrielle en Allemagne et dans les autres pays phares de la zone euro pèse sur la performance du secteur à l’échelle européenne. La dynamique accrue de l’industrie américaine devrait rendre plus plausible le niveau actuel des taux directeurs aux États-Unis.

Évolution de la production industrielle
Les secteurs industriels aux États-Unis, en Chine et dans la zone Euro évoluent différemment.
Évolution de la production industrielle

Source: Federal Reserve, National Bureau of Statistics China, Eurostat

À suivre

Mario Draghi fait chuter les rendements obligataires: Mario Draghi, président de la BCE, a évoqué hier mardi la possibilité d’un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire si les perspectives économiques et l’inflation devaient ne pas répondre aux attentes. Sa déclaration selon laquelle la BCE utiliserait "toute la flexibilité" permise par son mandat pour accomplir sa mission de politique monétaire a fait chuter les rendements obligataires, en particulier dans les pays d’Europe méridionale. En Suisse et aux États-Unis, les marchés ont également réagi de la sorte. Cette déclaration n’était pas sans rappeler la formule "Whatever it takes" qu’avait utilisée Mario Draghi dans un discours à l’été 2012 pour signifier aux investisseurs du monde entier qu’il était vain de parier sur un effondrement de la monnaie unique européenne et de la zone euro.

Le SMI atteint de nouveaux sommets: mardi, l’indice suisse des actions SMI a franchi pour la première fois la barre des 10'000 points en réaction aux propos de Mario Draghi (voir ci-dessus). Depuis le début de l’année, il a progressé de près de 20%. Les incertitudes suscitées par le conflit commercial sur les marchés financiers a entraîné des baisses de cours marquées en mai sur de nombreux marchés d’action. En revanche, le SMI, qui contient les actions des 20 plus grands groupes helvétiques, n’a accusé que des pertes très limitées en raison de son caractère défensif. C’est pour cette raison que l’indice des Blue Chips, à 1500 points lors de son lancement à l’été 1988, a largement compensé la baisse de régime du mois de mai.

La Banque nationale suisse met en garde contre des déséquilibres sur le marché hypothécaire: la Banque nationale suisse (BNS) se dit encore inquiète quant au marché hypothécaire. Comme elle le souligne dans son dernier rapport sur la stabilité financière, ces dix dernières années, l’octroi de crédits hypothécaire a progressé nettement plus vite que le revenu moyen, d’où un déséquilibre. La BNS surveille tout particulièrement l’immobilier résidentiel de rendement, et donc les im-meubles locatifs. Dans ce segment, on construit encore beaucoup alors que la demande de biens en location est en régression. La BNS indique qu’il s’agit de soutenir les propositions du Conseil fédéral prévoyant d’augmenter les exigences de fonds propres posées aux banques pour la couverture de ces hypothèques. Selon la BNS, de nouvelles directives devraient entrer en vigueur cette année et l’année prochaine. Elle ne précise toutefois pas s’il s’agira d’une adaptation réglementaire ou de nouvelles lignes directrices concernant l’autorégulation des banques.