Informations sur les placements

Partager cette page

Newsletter du 22 mai 2019

Compte rendu bimensuel détaillé de nos experts sur les derniers développements des marchés financiers et prévisions pour les prochaines semaines.

Les thèmes de cette édition:

Situation actuelle

D’après les prévisions de l’OCDE, l’économie suisse devrait connaître une croissance modérée pour les deux prochaines années. En effet, l’organisation table sur une augmentation du produit intérieur brut de 1,0% pour 2019 et de 1,5% pour 2020. Selon l’OCDE, le ralentissement de la croissance est dû aux exportations stagnantes, souffrant de la guerre commerciale. En 2018, l’économie suisse avait affiché une croissance de 2,5%, d’après l’OCDE. Les prochaines données "concrètes" relatives à l’évolution du produit intérieur brut en Suisse seront publiées le 28 mai par le Secrétariat d’État à l’économie.

Aux États-Unis, la confiance des consommateurs s’est améliorée de façon inattendue en mai. Le climat de consommation déterminé par l’Université du Michigan a nettement augmenté de 5,2 points à 102,4 points, enregistrant son plus haut niveau depuis janvier 2004, alors que les analystes avaient au contraire tablé sur une stagnation. Le climat de consommation était déjà très bon avant cette hausse. Les consommateurs profitent en premier lieu du marché du travail robuste. À cela s’ajoutent les augmentations de salaire, supérieures au taux d’inflation, et la hausse du revenu réel des ménages.

Au premier trimestre, l’économie japonaise a, contre toute attente, enregistré une croissance malgré les exportations moroses. Le produit intérieur brut, extrapolé sur l’année entière, a augmenté de 2,1% entre janvier et mars, comme le prouvent les données fournies par le gouvernement. Ainsi, la croissance s’est accélérée, alors que les analystes tablaient sur une baisse de 0,2%. Fin 2018, la troisième économie mondiale après les États-Unis et la Chine affichait une croissance de 1,6%.

Baisse nette de la nervosité

Après quelques jours chaotiques sur les marchés financiers, les investisseurs sont revenus à leurs activités quotidiennes, ce qui a permis de tirer une conclusion concernant la dernière aggravation de la guerre douanière entre les États-Unis et la Chine. La grande correction redoutée par les marchés des actions n’a finalement pas eu lieu.

La nervosité ressentie au départ parmi les investisseurs aussi s’est nettement apaisée, ainsi que le démontrent les principaux indices de volatilité (cf. graphique).

Que la menace potentielle directe de la problématique douanière ait cédé du terrain est notamment dû au fait que toujours plus d’enquêtes scientifiques prouvent que le conflit commercial n’est pas à même de déclencher une récession mondiale.

Par ailleurs, l’OCDE a évalué les impacts éventuels de la guerre commerciale sur la croissance de l’économie mondiale. L’OCDE estime que même le pire des scénarios – l’introduction par les États-Unis de tarifs douaniers spéciaux de l’ordre de 25% sur toutes les importations chinoises – ne pourrait guère déclencher de récession. 

L’organisation confirme parallèlement l’attente selon laquelle des droits de douane supérieurs ne profiteraient à personne. Malgré tout, les États-Unis devraient moins en pâtir que la Chine et les autres régions.

Conclusion: la récente aggravation de la guerre commerciale, début mai, a entraîné une hausse de la nervosité. Néanmoins, la situation s’est rapidement normalisée, la volatilité se situant à nouveau nettement en dessous de sa valeur moyenne à long terme. Malgré ce flux d’informations négatives, les investisseurs ne se laissent pas déconcerter.

Dernièrement, hausse légère seulement de la volatilité
En comparant sur le long terme, la volatilité s’est révélée plutôt faible début mai, malgré l’aggravation du conflit commerciale. Elle a même continué à baisser.
Dernièrement, hausse légère seulement de la volatilité

Source: Bloomberg

À suivre

Report de la décision relative aux taxes automobiles: le président américain Donald Trump a reporté la décision d’introduire ou non des droits de douane sur les importations automobiles de l’UE. Selon les dires du président, ce répit devrait durer 180 jours. Le premier délai est arrivé à échéance dimanche dernier. Les discussions évoquaient des droits à l’importation de l’ordre de 25%. Ces tarifs douaniers spéciaux devraient surtout affecter les constructeurs allemands BMW, Daimler et Volkswagen. Le déclencheur de cette guerre commerciale entre les États-Unis et l’UE serait l’excédent commercial entre les pays de l’UE et les États-Unis. Pour contrer cette situation, le président américain avait introduit des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium, mesure à laquelle l’UE avait répondu par des taxes douanières sur différents produits américains.

Élections européennes en ligne de mire: bien qu’il ne s’agisse, pour les marchés financiers, que d’un événement secondaire, les élections du Parlement européen commencent jeudi, et les bureaux de vote fermeront leurs portes dimanche soir. Le fait que les élections se déroulent sur plusieurs jours est dû aux différentes traditions des pays membres. En effet, les bureaux de vote sont, aux Pays-Bas, traditionnellement ouverts le jeudi, comme en Grande-Bretagne. Les Britanniques pourront tout de même participer aux élections vu le report du Brexit. À l’automne, il s’agira d’élire de nouveaux présidents pour la Commission européenne, la presque totalité du gouvernement de l’UE ainsi que de la Banque centrale européenne. Ces votes, pour leur part, devraient être scrutés de près par les marchés financiers.

Le gouvernement grec réduit la taxe sur la valeur ajoutée et augmente les retraites: quelques jours avant les élections européennes, le gouvernement grec, sous la houlette du premier ministre de gauche Alexis Tsípras, a réduit la taxe sur la valeur ajoutée et introduit des allocations pour les retraités. Ainsi, la taxe sur la valeur ajoutée des denrées alimentaires, de la gastronomie et de l’énergie passe dès maintenant de 24 à 13%. Par ailleurs, les retraités recevront, à l’avenir, une demi-rente mensuelle de plus par an en moyenne. Il s’agit du premier train de mesures d’assouplissement intervenant depuis des années de programmes d’austérité. La Grèce avait quitté la tutelle européenne en août 2018, soit après huit ans de crise, trois programmes de financement et plusieurs nouveaux programmes d’économies et de réformes. Outre les élections européennes, la Grèce se prépare aussi aux élections régionales et communales, qui se tiendront le 26 mai. Les élections parlementaires devraient également avoir lieu d’ici le mois d’octobre.