Informations sur les placements

Partager cette page

Newsletter du 8 mai 2019

Compte rendu bimensuel détaillé de nos experts sur les derniers développements des marchés financiers et prévisions pour les prochaines semaines.

Les thèmes de cette édition:

Situation actuelle

En Suisse, le taux de chômage, déjà très faible, a poursuivi sa baisse. Selon le Secrétariat d’État à l’économie, il est passé de 2,5% en mars à 2,4% en avril. Hors effets saisonniers, il est resté stable, à 2,4%.

En mars, contrairement aux attentes, l’industrie alle-mande a accru sa production totale. Selon les données de l’office de la statistique allemand, la production du secteur manufacturier était en hausse de 0,5% par rapport au mois précédent, alors que les analystes avaient au contraire tablé sur un recul. Au premier trimestre, la production totale était également en hausse de 0,5%. Cependant, cette progression s’explique surtout par l’important regain d’activité dans le secteur de la construction. Le secteur industriel affiche au contraire une baisse de production.

Après une récession au second semestre 2018, l’économie italienne a renoué avec la croissance au premier trimestre 2019. Selon une première estimation de l’office italien des statistiques Istat, le produit intérieur brut du pays a progressé de 0,2% par rapport au trimestre précédent. Malgré cette légère reprise, la croissance de l’économie italienne reste inférieure à celle des autres économies. La zone euro a ainsi enregistré une croissance globale de 0,4%.

Le climat économique dans la zone euro s’est encore dégradé en avril. L’indice du sentiment économique (ESI) de la Commission européenne a perdu 1,6 point par rapport au mois précédent pour s’inscrire à 104 points, soit son niveau le plus bas depuis septembre 2016. Les analystes avaient prévu un repli moins important, à 105 points en moyenne. Les Pays-Bas sont le seul grand pays de la zone euro dans lequel le sentiment économique s’est amélioré. En France et en Italie, mais aussi et surtout en Allemagne et en Espagne, il s’est altéré. L’indice du climat des affaires (BCI) s’est également détérioré en avril. Il est passé de 0,54 à 0,42 point, soit son plus bas niveau depuis août 2016. L’ESI mesure le moral des entreprises et des ménages privés et le BCI, celui du secteur manufacturier.

En début d’année, l’économie des États-Unis n’a pas été affectée par la faiblesse de la conjoncture mondiale. Selon le département du Commerce américain, le taux de croissance de janvier à mars, extrapolé sur l’année entière, atteint 3,2%. Il s’agit donc d’une reprise vigoureuse pour les premiers mois de l’année. Au quatrième trimestre 2018, la croissance avait atteint seulement 2,2%, accusant une baisse de régime par rapport aux trimestres précédents. La vigueur de cette reprise avait donc de quoi surprendre les analyses, qui tablaient sur une hausse de 2,3% en moyenne.

L’économie helvétique en perte de vitesse

La conjoncture suisse est impactée par le marasme de l’économie mondiale et en particulier par la baisse de la demande en Europe.

L’indice des directeurs d’achat, qui mesure la confiance des directeurs d’achat des entreprises industrielles est l’un des principaux baromètres économiques en Suisse. Pour la première fois depuis plus de quatre ans, il est passé sous la barre des 50 points (cf. graphique). Cette évolution tient essentiellement au manque de dynamisme actuel de l’industrie européenne.

Une valeur inférieure à 50 points indique une contraction de l’activité économique alors qu’une valeur supérieure est le signe d’un climat positif.

L’indice des directeurs d’achat était pour la dernière fois en dessous des 50 points après l’abolition du taux plancher de 1,20 franc pour un euro par la Banque nationale suisse.

Le baromètre conjoncturel KOF, un important indicateur avancé, s’inscrit lui aussi à la baisse (cf. graphique). De-puis novembre, il se situe en dessous de la moyenne à long terme de 100 points et témoigne lui aussi du marasme économique.

Conclusion: L’économie suisse demeure relativement robuste, mais ne peut pas se soustraire à l’affaiblissement de la conjoncture mondiale. Le commerce extérieur, en particulier, devrait afficher un repli en 2019, ce qui aura des répercussions sur l’investissement et donc sur le secteur manufacturier. Depuis le début de l'année, plusieurs instituts ont revu à la baisse leurs pronostics de croissance économique en 2019 pour la Suisse.

Les données macroéconomiques se détériorent
L’indice des directeurs d’achat et le baromètre conjoncturel KOF indiquent une perte de vitesse de l’économie helvétique.
Les données macroéconomiques se détériorent

Source: procure.ch, CS, KOF

À suivre

Donald Trump aggrave la guerre commerciale avec la Chine: Juste avant la nouvelle session de négociations avec la Chine, Donald Trump a fait une annonce surprenante: les tarifs douaniers spéciaux qui frappent actuellement les importations chinoises, d’une valeur de 200 milliards de dollars, passeraient de 10% à 25% dès ce vendredi. Le président américain justifie cette nouvelle escalade par le fait que les négociations avec le gouvernement chinois avancent trop lentement. La Chine se montre beaucoup plus conciliante que les États-Unis et reste engagée dans le dialogue malgré les provocations de Donald Trump. Officiellement, d’autres pourparlers devraient avoir lieu, dès ce mercredi, à Washington, entre les deux principales économies mondiales.

Croissance plus faible dans la zone euro: Compte tenu des tensions et des incertitudes qui subsistent cette année encore à l’échelle internationale, la Commission européenne table sur un ralentissement de la croissance économique dans la zone euro. Le produit intérieur brut ne progressera selon elle que de 1,2% dans les 19 États membres. En février, elle avait déjà abaissé ses prévisions de 1,9 à 1,3%, prenant surtout en considération la perte de vitesse de l’économie mondiale et l’aggravation des conflits commerciaux internationaux, notamment entre les États-Unis et la Chine.

Le marché du travail américain toujours aussi dynamique: Le marché du travail américain a conservé son dynamisme en avril. Non seulement les créations d’emploi ont été plus nombreuses que ce que n’avaient prévu les experts, mais le chômage a atteint son niveau le plus bas depuis un demi-siècle. Seule l’évolution des salaires est légèrement à la traîne. Les salaires et traitements ont certes progressé de 0,2% par rapport au mois précédent, mais la hausse n’a pas l’ampleur attendue. L’évolution des salaires joue un rôle important dans la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, car cette dernière a certes atteint ses objectifs en matière d’emploi, mais pas en matière d’inflation. Or, des salaires supérieurs font grimper l’inflation, car les salariés ont plus d’argent à dépenser.