Prévoyance des cadres

Cadre et pourtant mal assuré

Les lacunes de prévoyance sont particulièrement importantes chez les cadres.

Nicolas Wiedmer

Spécialiste clients d'entreprises

Les cadres aux revenus confortables partent généralement du principe qu’ils sont bien protégés en toutes circonstances. Toutefois, les employeurs ne financent pas tous de bonnes prestations d’assurance. Les petites et jeunes entreprises en particulier se limitent aux prestations minimales obligatoires, mais même les cadres de grandes entreprises de renom présentent d’importantes lacunes en matière de prévoyance. Toute la famille risque alors d’être contrainte de réduire considérablement ses dépenses en cas de décès ou d’invalidité de l’assuré, mais aussi lorsque celui-ci part à la retraite.

Plus le salaire est élevé, plus les lacunes sont importantes

L’objectif de prestations des assurances sociales vise les salariés percevant un revenu annuel maximal de 84'600 francs. En dessous de cette limite, les premier et deuxième piliers doivent garantir un revenu pendant la retraite correspondant à 60% du dernier salaire.  Le revenu maximal assuré dans l’assurance-accidents obligatoire s’élève à 148'200 francs.

Les personnes qui gagnent nettement plus sont donc sous-assurées pour ce qui est des prestations minimales légales. Supposons qu’un salarié marié de 50 ans gagne 170'000 francs par an et n’est assuré que de manière minimale. S’il devient invalide suite à une maladie, son revenu passe au-dessous de 50'000 francs.

Son épouse et lui doivent réduire considérablement leurs dépenses et vendre leur maison. La situation est encore plus grave pour sa femme s’il décède des suites de sa maladie: elle perçoit environ 35'000 francs par an de l’AVS et de la caisse de pension. La perte financière est importante aussi en cas d’invalidité ou de décès par suite d’accident. La rente de vieillesse est également insuffisante. Un revenu d’environ 54'000 francs est largement insuffisant pour maintenir le niveau de vie habituel.

Faire le point sur sa situation de prévoyance au moins tous les cinq ans

Les employeurs proposent parfois aux cadres des assurances surobligatoires. Plus le revenu est élevé, plus les prestations assurées sont faibles par rapport au salaire, car de nombreux prestataires limitent le salaire assuré, à 300'000 francs par exemple. Les personnes qui gagnent 500'000 francs et dépensent 400'000 francs en frais de subsistance et en impôts doivent se demander si elles sont disposées à se contenter de beaucoup moins. Si ce n’est pas le cas, elles doivent souscrire des assurances pour combler les lacunes.

Il est conseillé de faire le point sur sa situation de prévoyance, en particulier après une augmentation de salaire importante, lors d’un mariage ou d’un divorce, de l’achat d’un bien immobilier ou d’un changement d’emploi – mais au moins tous les cinq ans.