Romande Energie solide en 2025, brosse une stratégie ambitieuse

31. Mar 2026

Description

Genève (awp) - Romande Energie se targue d'une nette amélioration de sa rentabilité l'an dernier, portée par une hausse de la marge sur l'énergie et des mesures d'économies. A moyen et long terme, le fournisseur d'énergie morgien entend profiter des rénovations dans l'immobilier et ambitionne de devenir une référence dans le traitement des données et de leur modélisation pour progresser.

Au cours de l'exercice sous revue, l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) a bondi de 26% sur un an à 152 millions de francs, annonce Romande Energie mardi dans un communiqué. Le résultat opérationnel (Ebit) ajusté, soit après amortissements, a plus que doublé à 48 millions de francs. Le bénéfice net est ressorti à 80 millions, après 26 millions l'année précédente, porté par la contribution positive d'Alpiq, dont il détient un tiers et qui, en dépit de la fermeture prolongée de la centrale nucléaire de Gösgen, est demeurée largement profitable.

Connu depuis mi-février, le chiffre d'affaires a atteint 788 millions, en recul de 5%.

Dividende inchangé

Les actionnaires se verront proposer un dividende inchangé de 1,44 franc par action.

A l'exception du bénéfice net, recettes et dividende sont inférieurs aux attentes des analystes consultés par AWP.

Le groupe morgien ne formule pas de perspectives pour l'année en cours, reflet des "incertitudes géopolitiques et d'une évolution rapide du cadre réglementaire". La flambée des coûts de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient a pour l'heure un impact à court terme seulement sur le prix de l'électricité.

"La situation est différente de la crise énergétique de 2022, puisqu'à l'époque un grand nombre de centrales nucléaires françaises se trouvaient également à l'arrêt, portant les prix à des sommets inédits", signale le nouveau directeur général, François Fellay, en poste depuis septembre dernier, lors d'un enrtretien accordé à AWP. "Pour l'instant, nous nous attendons à une hausse à court terme, mais les projections à un horizon de 2-3 ans sont inchangées." Si un deuxième facteur venait ajouter à la pression existante, "nous pourrions assister à une explosion des prix".

La direction a cependant brossé sa nouvelle feuille de route à moyen et long terme, anticipant d'ici 2030 une croissance de l'Ebitda de 50% par rapport à 2024, entre 170 à 190 millions. Les investissements devraient se situer entre 160 à 200 millions au cours de cette période. Et d'ici 2040, l'énergéticien ambitionne de gérer jusqu'à 5 TWh d'électricité renouvelable par an.

Pour ce faire, le groupe identifie trois "leviers stratégiques": la numérisation, le développement des chauffages à distance "chaud et dorénavant le froid, qui représente un besoin croissant", ainsi que la décarbonation de l'immobilier.

Réplique numérique

Dans un contexte où le marché de la rénovation représenterait globalement un potentiel de 228 milliards de francs rien qu'en Suisse, le groupe se dit bien positionné. "D'ici cinq ans, l'immobilier représentera un cinquième de notre chiffre d'affaires en termes de volumes, contre 5% actuellement. Nous sommes clairement sur les rails", souligne le directeur financier Nicolas Conne.

Pour ce qui est du numérique, Romande Energie prévoit de réaliser un "jumeau numérique" d'ici 2040, autrement dit une réplique numérique du réseau et du patrimoine de production, permettant d'effectuer des simulations précises. "A partir de ces modèles, nous pourrons identifier les domaines prioritaires pour nos investissements dans les infrastructures physiques. Nous apporterons de la valeur aux clients en termes de flexibilité et d'optimisation, afin de réduire sa facture finale", précise le CEO.

Une fois développées et standardisées, ces solutions pourront être commercialisées auprès d'autres acteurs du domaine de l'énergie. "C'est un axe nouveau et important pour l'entreprise", souligne François Fellay.

"Nous visons à atteindre nos objectifs principalement grâce à des partenariats et des alliances stratégiques au niveau national, éventuellement quelque co-entreprises, pour favoriser des collaborations concrètes sur le terrain", note encore M. Fellay.

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