Préférez un nantissement qu’un retrait LPP

De nombreux propriétaires immobiliers financent leur logement en partie avec les avoirs de la caisse de pension. Pour ce faire, il est possible de nantir le capital ou d’effectuer un retrait anticipé.

Le futur propriétaire qui souhaite utiliser son avoir de la caisse de pension pour l’acquisition d’un bien immobilier a deux possibilités : le retrait anticipé ou le nantissement. En cas de retrait anticipé, il retire le capital pour l’apporter en tant que fonds propres. Ceci réduit l’hypothèque ainsi que la charge d’intérêts. Le retrait de l’avoir est toutefois soumis à l’impôt.

En cas de nantissement, l’institution de crédit considère l’avoir de la caisse de pension comme une garantie de capital. La caisse de pension met l’argent en gage en faveur de la banque, et celle-ci augmentera le crédit hypothécaire de la somme du nantissement. L’acquéreur doit alors payer des intérêts hypothécaires plus élevés et amortir davantage que dans le cas d’un retrait. En conséquence, il doit également disposer d’un revenu plus élevé que dans le cas d’un retrait anticipé afin de pouvoir supporter financièrement la charge d’intérêts plus élevée et le paiement de l’amortissement.

Malgré ces coûts supplémentaires, le nantissement s’avère en règle générale être la meilleure solution. En effet, les prestations de la caisse de pension restent les mêmes en cas de nantissement. Si l’on choisit le retrait anticipé, la baisse des prestations doit, par contre, être compensée.

Dans les deux cas, les conséquences financières sur la prévoyance vieillesse ne doivent pas être sous-estimées. Le propriétaire qui veut à nouveau disposer d’un capital de la caisse de pension à la retraite, correspondant au montant sans nantissement ou sans retrait anticipé, doit économiser massivement. Si une personne de 45 ans retire 200'000 francs de sa caisse de pension, il ne lui manquera pas uniquement 200'000 francs. En effet, les revenus des intérêts lui échapperont également.

Avec un intérêt moyen de 3 % par année, le montant faisant défaut s’élèvera à 361'000 francs à la retraite. Cela correspond à renoncer à 24'500 de rente par année. Si le propriétaire souhaite compenser cette perte, il doit économiser chaque année 13'500 francs supplémentaires.

Si l’on choisit le nantissement, les prestations de vieillesse restent inchangées. Au plus tard à la retraite, le propriétaire doit réduire l’hypothèque du montant mis en gage, car la caisse de pension convertit ensuite l’argent en une rente ou le verse en tant que capital.

Les propriétaires de biens immobiliers doivent, eux aussi, économiser les 200'000 francs du nantissement jusqu’à l’âge de la retraite. Cela correspond à épargner 7'500 francs par année. Une augmentation de la valeur du bien immobilier peut toutefois conduire le retraité à devoir amortir nettement moins que prévu à la retraite. 

Financement du Logement avec le Deuxième Pilier
Hypothèse : homme de 50 ans, prix d’achat du logement principal 1 million de francs. Données en francs
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