Estimer l'évolution des intérêts

Prévoir l’évolution des taux d’intérêt est tout aussi difficile que de prévoir celle des actions. C’est la bourse qui fixe les cours.

On y traite aussi régulièrement des taux d’intérêts sur les marché monétaire et des capitaux. Ils sont le lieu de rencontre des emprunteurs et des prêteurs. Ensemble, ils conviennent d’un prix : l’intérêt. Le court terme est traité sur le marché monétaire, le plus long sur celui des capitaux.

Comme le cours des actions, l’offre et la demande font varier le prix des intérêts en permanence. Les taux d’intérêt des hypothèques indexées sur le marché monétaire et des hypothèques variables suivent les taux à court terme, pilotés par la Banque nationale. Si elle abaisse son taux directeur, les taux à court terme suivent en principe le mouvement. La Banque nationale pratique une politique basée sur la conjoncture, l’inflation et les cours des changes.

Quant aux taux des hypothèques fixes, ils suivent l’évolution des taux à long terme, qui dépendent en grande partie des prévisions des participants au marché. S’ils prévoient un repli conjoncturel ou une récession durant les années à venir, les taux à long terme tendent à baisser. A l’inverse, ils tendent à la hausse dès que pointent les premiers signes de reprise conjoncturelle, et souvent bien avant que la Banque nationale ne relève son taux directeur.

Pour se faire une idée de l’évolution probable des taux d’intérêt, sans connaître soi-même l’ensemble des déterminants de l’économie, on peut se référer aux prévisions et aux commentaires des spécialistes, régulièrement publiés dans les quotidiens et des journaux économiques.

Cependant les meilleurs économistes ne peuvent prévoir l’évolution des taux d’intérêt à long terme. Il leur arrive même de se tromper à court terme.

Les emprunteurs ne devraient jamais se fier aux prévisions et aux recommandations de leur banque. Cette dernière suit ses propres intérêts : investir leurs fonds de façon aussi rémunératrice que possible entre autres, en octroyant des crédits aussi profitables que possible.

En été 2008 par exemple, de nombreuses enseignes conseillaient à leurs clients de conclure des hypothèques fixes à long terme. Quelques semaines plus tard, les taux de ces emprunts baissaient considérablement. Les propriétaires qui avaient suivi ces conseils-là continuent de le regretter amèrement. C’est une bonne affaire pour la banque qui s’est ainsi assuré une rentrée d’intérêts élevés pour quelques années encore.

Partager cette page